Meurtre de Priscillia à Estagel : le témoignage exclusif de la mère de la victime

La maman de Priscillia a accepté de répondre à nos questions après l'interpellation du meurtrier présumé de sa fille / © Hugo Laridon / FTV
La maman de Priscillia a accepté de répondre à nos questions après l'interpellation du meurtrier présumé de sa fille / © Hugo Laridon / FTV

Après l'arrestation, mardi 1er octobre, du jeune de 18 ans qui a avoué être le meurtrier de la jeune Priscillia, tuée à Estagel, dans les Pyrénées-Orientales, le 7 juillet dernier, la maman de la victime a accepté de témoigner devant notre caméra. Malgré son soulagement, elle reste très affectée.

Par Emma Derome

"Je remercie énormément les gendarmes, mais vous savez, ça ne me ramènera pas ma fille." Sophie Gonzales, la mère de Priscillia, retrouvée morte le 7 juillet dernier à Estagel (Pyrénées-Orientales), a accepté, malgré la douleur, de témoigner face caméra, alors que l'enquête avance enfin.

En effet, après l'arrestation, mardi 1er octobre, d'un jeune garçon du village du même âge que sa fille, ayant depuis avoué être le meurtrier de Priscillia, c'est d'abord un grand soulagement qu'a ressenti Sophie.

  Aujourd’hui, je suis soulagée. J’avais très peur que ça recommence sur une autre jeune fille... il y en a beaucoup à Estagel.

Le jeune de 18 ans est accusé d'avoir agressé sexuellement, poignardé et tué cette jeune fille de 18 ans également, atteinte d'une déficience intellectuelle et d'un léger handicap moteur, après le bal des pompiers de la commune, au début de l'été.

Il a été mis en examen ce jeudi pour "meurtre sur personne vulnérable" et "agression sexuelle et viol sur personne vulnérable, commis à l'aide ou sous la menace d'une arme".

"On m'a laissé sans réponse"

Cette arrestation, la maman de Priscillia l'a appris mercredi après-midi, au bout de trois longs mois d'enquête, par des gens du village. Elle aurait aimé l'apprendre de la bouche des enquêteurs...

J'ai appelé l’inspecteur en chef, qui m’a dit qu’il ne pouvait rien me dire. Je sais qu’ils ont travaillé sans relâche, jour et nuit, sur cette affaire. Mais ce que je trouve inadmissible, c’est qu’on m’ait laissé sans réponse, sans rien. Je n’ai jamais reçu de coups de téléphone pour me dire si ça avançait...

Le meurtrier présumé a été retrouvé grâce à des prélèvements ADN effectués sur de nombreux hommes de la commune. Le sien correspondait à celui retrouvé sur les lieux du crime, le cimetière d'Estagel. Il a été placé en détention provisoire et devrait être soumis prochainement à des expertises psychiatriques et psychologiques. 
 

Pour la maman de la victime, la prison n'est pas l'unique solution. 

Plus j’y repense, plus je me dis que je ne sais pas si la prison sera le mieux pour ce jeune homme. Je pense qu’il a besoin de soins, énormément de soins. La prison, ça va faire quoi ? Il va être condamné à 30 ans, au bout de 20 ans, il  va sortir, il n’aura pas été soigné, et il pourra récidiver.

Les deux familles ne se connaissaient pas 

Quant aux rumeurs qui diraient que les deux familles se connaissaient, Sophie souhaite tout de suite les faire taire. Si elle connaissait la maman de l'agresseur par le biais de son association, la mère de Priscillia ne savait pas qui étaient ses enfants. 

Je ne connaissais pas du tout ce garçon, peut-être que je l'ai déjà croisé, mais je ne vois pas son visage. Je ne sais pas si Priscillia les connaissait. J’ai connu la mère dans l’association où je travaillais, à Fripouille, mais j’ai su que c’était la mère du suspect seulement hier. Quand j’entends qu’on se fréquentait, c’est faux.

Pour le moment, le meurtrier présumé n'explique pas son geste. Le procureur de la République de Perpignan a fait savoir que les investigations pour en savoir plus sur sa personnalité se poursuivaient.

Malgré cette avancée majeure dans l'enquête, le quotidien de Sophie ne va néanmoins pas changer. 

Aujourd’hui, je ne la vois pas, elle ne descend pas l’escalier, elle ne vient pas déjeuner. Je m’en remettrai jamais.

Retrouvez l'intégralité de son témoignage :

Propos recueillis par Céline Llambrich et Anne Fleur Lespiaut.

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