Mort de la petite Mila : une demande de placement d'urgence avait été formulée deux jours avant son décès

Depuis vendredi 12 février, Sabrina Meulen est jugée devant les Assises des Pyrénées-Orientales, pour "violences répétées ayant entraîné la mort sans intention de la donner" sur Mila, 2 ans. Ce mardi, l’audience était consacrée à l’audition des grands-parents et des services sociaux.

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illustration © Maxppp - Clementz Michel

L'émotion des grands-parents

A la sortie du tribunal ce mardi après-midi, la grand-mère paternelle de Mila est débordée par l’émotion. Elle a témoigné le matin à la barre pour exprimer le mal qu'elle pensait de Sabrina Meulen, accusée d'avoir tué sa petite-fille alors âgée de 24 mois, c'était le 2 août 2016 à Trouillas.

C’est important pour moi de parler car depuis 4 ans ma petite-fille est morte et c’est elle qui l’a tuée j’en suis sûre. Après mon fils est décédé, mon cœur ne fait que pleurer et saigner, je n’arrive plus à le supporter, c’est un choc trop lourd pour moi.

La grand-mère de Mila

Sabrina Meulen affirme qu'une chute de la petite fille sous la douche a provoqué sa mort. Une théorie réfutée par l'expert médico-légal qui évoque le processus d'ébranlement, c'est à dire des chocs répétés. Il a relevé sur le corps de l'enfant, une cinquantaine d'ecchymoses, qui seraient expliquées davantage par des pressions que par des coups. 

Mais dans le box des accusés aujourd’hui, la jeune femme nie toujours. "J’attends aujourd’hui qu’elle dise au moins la vérité, et que la justice la condamne pour ce qu’elle a fait. J’ai de la haine contre elle car c’est une personne méchante", ajoute la grand-mère.

Car sa petite-fille était gardée par Sabrina Meulen, depuis que son fils qui avait demandé la garde intégrale de l’enfant était incarcéré.

Alison, la mère de Mila et la grand-mère maternelle ont également témoigné, une prise de parole difficile mais nécessaire selon l'avocate de la partie civile, Corinne Serfati : "Pour les victimes c’est un moment qui est redouté mais en même temps c’est un moment qui permet à la parole de se libérer et en même temps à beaucoup de douleur de s’exprimer. C’est une étape essentielle dans le procès car c’est vraiment le point de départ de la réparation".

Le rôle des services sociaux 

Reste une question à traiter par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, comment Sabrina Meulen, maman de 4 enfants, qui faisait l’objet de plusieurs signalements a-t-elle pu échapper aux services sociaux ?

Ces derniers avaient été alertés par le maire de Trouillas où résidait Mila avec sa belle-mère. Une enquête sociale avait alors rapidement été déclenchée en juillet 2016, mais trop tard pour sauver la petite victime.

A la barre pour nous expliquer le déroulé de l’enquête, se succèdent Dalida Trachet et Marine Bastié, toutes deux techniciennes d’intervention sociale à Perpignan.
Une demande de placement d’urgence avait été formulée le 31 juillet 2016, 2 jours avant la mort de Mila : «Il y avait tout un contexte qui nous a alerté toutes les deux. Donc, nous sommes passées par la voie hiérarchique pour signifier notre inquiétude. Ce qui n’est pas dans nos habitudes parce que normalement dans notre métier on prend le temps, parce que l’on peut mettre en péril des familles, bouleverser des familles. Demander le placement d’un enfant, on met un an ou deux ans, c’est vraiment la dernière chose que nous à notre niveau à nous, on va essayer d’engendrer. Là dans cette affaire, nous avions des ressentis, des inquiétudes mais nous ne pouvions pas mettre des faits probants qui auraient permis qu’elle soit placée sur le champ,» explique Dalida Trachet, technicienne d'intervention sociale et familiale.

Mais la rapidité et la réactivité de l’enquête sociale n’a pas suffi. Le 2 août 2016, deux jours après la demande de placement en urgence, la petite Mila est décédée.

Le verdict devrait être prononcé ce mercredi par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, la belle-mère de Mila encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

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