Mort de la petite Mila : l’accusée s’est présentée libre à son procès aux assises des Pyrénées-Orientales

Le procès pour la mort de la petite Mila s’ouvre aujourd’hui à Perpignan et durera jusqu’à mercredi. La cour d’assises se penche ce jour sur la personnalité de l’accusée, la belle-mère de la fillette de 2 ans. 

Le procès pour la mort de la petite Mila s’ouvre aujourd’hui à Perpignan et durera jusqu’à mercredi.
Le procès pour la mort de la petite Mila s’ouvre aujourd’hui à Perpignan et durera jusqu’à mercredi. © M. Tamon

C’est libre qu’elle se présente à son procès. Sabrina Meulen est jugée pour violences répétées ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur Mila, sa belle-fille âgée de 2 ans.

La jeune femme est sortie de prison 10 jours plus tôt pour des raisons administratives : le procès devait se dérouler au printemps dernier mais il a été renvoyé en raison du premier confinement. Sa détention provisoire ne pouvait être prolongée au-delà du 4 février 2021. Elle était jusqu'à aujourd’hui sous bracelet électronique et assignée à résidence chez un proche dans l’Eure.

Actes de maltraitances

Le drame s’est produit en août 2016 à Trouillas près de Perpignan. Mila vivait alors avec Sabrina Meulen qui en avait la garde et ses 4 enfants, son père (aujourd’hui décédé) étant incarcéré au moment des faits pour des délits routiers. La belle-mère fait venir un médecin pour la petite qui serait tombée sous la douche Transportée aux urgences de Perpignan puis par hélicoptère à Montpellier, Mila a finalement succombé à ses blessures. L’autopsie révèlera des marques de maltraitance mais Sabrina Meulen nie encore aujourd’hui les faits qui lui sont reprochés et s’en tient à sa version. Ses avocats plaident l’absence de preuves de sa culpabilité, mais les experts sont formels : la fillette est décédée des suites de coups répétés.

Une famille en quête de réponses 

La famille quant à elle refuse de croire à l’accident. Les grands-parents paternels s’inquiétaient du comportement de Sabrina Meulen : “La petite avait peur d’elle, elle se protégeait toujours le visage avec son bras. Elle était toujours envoyée dans sa chambre et quand Sabrina la voyait, elle lui disait : “tu pars, tu dégages !””.

On a besoin de savoir ce qu’il s’est passé, on veut comprendre même si on ne comprendra jamais comment on peut tuer un enfant

Elisabeth Salagado, tante de la petite Mila

Aujourd’hui la famille espère que le procès lui apporte un peu d'apaisement et surtout des réponses, comme Elisabeth Salagado, la tante de la petite Mila : “On a besoin de savoir ce qu’il s’est passé, on veut comprendre même si on ne comprendra jamais comment on peut tuer un enfant. Il faut qu’elle assume son geste, qu’elle dise pour une fois la vérité : elle était jalouse de la petite, elle lui interdisait de porter des robes, l’habillait et la coiffait comme un garçon, c’était de la jalousie. Il faut qu’elle assume, qu’on puisse enfin comprendre”. 

Première journée d’audience

La cour d’assises de Perpignan se penche aujourd’hui sur la personnalité de l’accusée. Son audition a laissé à la famille de Mila un goût amère : “En 45 min d’audition, la vie de ses enfants a été très peu évoquée.” témoigne l’avocat de la famille paternelle de la victime, maître Gérald Brivet-Galaup. “Mila a été évoquée en 2 minutes, son prénom a été évoqué une seule fois et elle est passée avec une rapidité confondante sur les faits qui nous ont conduits à être dans une cour d’assises”. Sabrina Meulen était une mère de 4 enfants de pères différents, et enceinte de 8 mois au moment du drame.

En 45 min d’audition, la vie de ses enfants a été très peu évoquée

Maître Gérald Brivet-Galaup, avocat de la partie civile

Âgée d’une trentaine d’années, elle était arrivée peu de temps avant de sa Normandie natale. A la barre, elle raconte une vie de misère sociale : un père très vite disparu de sa vie, une mère maltraitante et alcoolique, un beau-père avec également des problèmes d’alcool. 

La jeune femme encourt une peine de 30 ans de réclusion. Le procès doit se tenir jusqu’à mercredi 17 février, jour du verdict.

 

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