Trois ans de prison ferme requis contre un ex-avocat de Perpignan

Marseille - le palais de justice - archives / © F3
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Trois ans de prison ferme et l'interdiction définitive d'exercer la profession d'avocat ont été requis, mercredi, contre Jean-Pierre Maillé, 36 ans, jugé par le tribunal correctionnel de Marseille notamment pour complicité de détention et de transport de stupéfiants.

Par Fabrice Dubault


Avocat de deux personnes mises en examen dans le cadre d'un trafic portant sur 252 kilos de cocaïne entre les Pays-Bas et les Pyrénées-Orientales, l'ancien avocat de Perpignan avait communiqué de 2011 à 2013 des informations au chef présumé de l'organisation, Christian Parent, décrit comme le parrain de la drogue du milieu perpignanais.

L'avocat l'avait notamment alerté sur le fait que les douaniers n'avaient pas saisi la totalité de la drogue, permettant au réseau de "sauver" 70 kg de cocaïne.

"Jean-Pierre Maillé est entré de plain-pied dans cette organisation criminelle puissante avec une importante surface financière", a expliqué le procureur  Dominique Mirkovic qui a insisté sur la durée de la collaboration de l'avocat avec Christian Parent, aujourd'hui en fuite.


Seize ans de prison et un mandat d'arrêt ont été requis contre Christian Parent.

L'accusation a réfuté l'argument de la peur évoqué par Jean-Pierre Maillé qui s'est dit "mort de trouille" lorsque Philippe Fournier, client qu'il assistait en garde à vue en juillet 2011, lui avait demandé de prévenir son épouse qu'il "restait de la marchandise".
"Il lui était alors facile de quitter les locaux de garde à vue et dire qu'il n'acceptait pas de défendre Philippe Fournier", a estimé le procureur selon lequel l'ex-avocat "a sciemment collaboré avec cette organisation criminelle par cupidité et y voyant la possibilité d'un tremplin pour sa carrière".

Selon M. Mirkovic, "il a accepté l'inacceptable, il a trahi son serment de probité et cela fait de lui un trafiquant de stupéfiants au sens légal. En choisissant la morale des voyous, il l'est devenu instantanément". Jean-Pierre Maillé avait été détenu provisoirement durant deux mois, de janvier à mars 2013, il est aujourd'hui juriste salarié ayant, aussitôt après sa mise en examen, démissionné du barreau de Perpignan après six ans d'exercice.

Son défenseur, Me Vincent Pénard,  devrait notamment plaider, jeudi, la nécessité de ne pas réduire à néant cette réinsertion professionnelle.

Des peines allant d'un an de prison avec sursis à onze ans de prison ont été réclamées contre les six autres prévenus ainsi qu'une amende douanière de 6,8 millions d'euros, valeur estimée des 252 kilos de cocaïne.

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