• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT

Réforme de l'orthographe : et si Nîmes perdait son accent ?

© Samuel lafont
© Samuel lafont

La réforme de l'orthographe présentée par la ministre de l'Education nationale fait débat. Faut-il supprimer tous les accents circonflexes et Nîmes est-elle prête à en faire le sacrifice ? Pas sûr.

Par Laurence Creusot


Et si Nîmes perdait son accent circonflexe ? On imagine mal la cité antique perdre une partie de son identité.
Sur les réseaux sociaux, le débat sur l'abandon de l'accent s'engage notamment via le hashtag #jesuiscirconflexe.

Et certains nîmois sont catégoriques. Nîmes sans accent : même pas en rêve ! Comme le dit dans son tweet ce responsable d'une entreprise de communication...de Nîmes. Son slogan a été repris des dizaines de fois par la ville de Nîmes.








L'accent circonflexe va-t-il vraiment disparaître ?


C'est quoi cette réforme ?

L'orthographe a été réformée en 1990 et elle sera systématisée dans des manuels du primaire à partir de la rentrée prochaine.
Officiellement, on peut écrire nénufar ou ognon depuis une réforme de l'orthographe, facultative, adoptée en 1990 par l'Académie française. Méconnue jusque-là, cette simplification sera systématisée dans de nouveaux manuels scolaires du primaire.

"Depuis au moins une dizaine d'années des manuels scolaires du primaire intégraient déjà cette nouvelle orthographe", explique Sylvie Marcé, PDG de l'éditeur scolaire Belin. "Ce qui est nouveau, c'est une référence plus explicite" à cette orthographe réformée dans les nouveaux programmes officiels, qui entreront en vigueur à la rentrée, ajoute-t-elle.


Mais ces manuels pourront expliquer par exemple, pour le mot "maîtrise", que l'orthographe réformée autorise à l'écrire sans accent circonflexe. Car dans la réforme cet accent disparaît sur les lettres i et u, sauf pour cinq exceptions qui pourraient prêter à confusion (comme "sur" et "sûr").

L'origine de l'accent circonflexe

Le site d'Arte Karambolage explique la genèse du flexe
"A l’origine, l'accent circonflexe vient du grec ancien. Sa fonction était phonétique : il indiquait une voyelle longue et précisait du même coup comment le mot devait être accentué. Il faut attendre le XVIe siècle pour que le grammairien Sylvius introduise ce signe dans la langue française. L'imprimeur Etienne Dolet utilise le circonflexe pour marquer des voyelles caduques, autrement dit des voyelles muettes comme dans pai^ra, vrai^ment où l'accent remplace un "e" qui existait auparavant. L'utilisation de l'accent était loin d'être normalisée à l'époque : chaque imprimeur cherchait à transcrire la prononciation le mieux qu’il pouvait et édictait ses propres règles typographiques. C’est à partir du XVIIIe siècle que l’utilisation du circonflexe commence à être la même pour tous."

Les noms propres ne sont pas touchés. L'accent de conjugaison non plus.

Le site des décodeurs du Monde a recensé les cas où l'accent circonflexe ne disparaît pas.
"La réforme ne « tue » pas vraiment l’accent circonflexe. En réalité, celui-ci serait facultatif sur les « i » et les « u », mais demeurerait sur les « a » et « o ». En outre, il resterait employé dans d’autres cas :
  • Au passé simple : nous suivîmes, nous voulûmes, nous aimâmes ; vous suivîtes, vous voulûtes, vous aimâtes…
  • À l’imparfait du subjonctif (troisième personne du singulier) : qu’il suivît, qu’il voulût, qu’il aimât…
  • Au plus-que-parfait du subjonctif : qu’il eût suivi, il eût voulu, qu’il eût aimé…
  • Lorsqu’il apporte une distinction de sens utile : dû, jeûne, mûr, sûr… Dès lors que l’enlever créerait une confusion de sens entre deux mots (« mûr » et « mur », par exemple)."
Il n'est pas fait mention des noms propres dans le bulletin officiel du 6 décembre 1990. Le i circonflexe de Nîmes a de beaux jours devant lui.

Sur le même sujet

De la source du Danube au Grau-du-Roi en kayak : une aventure de plus de 7 000 km

Les + Lus