Rugby : Coupes d'Europe et XV de France, les clubs du Top 14 obtiennent de protéger leurs joueurs

Les clubs professionnels français de rugby menaient la bataille sur deux fronts : protéger leurs équipes du Covid-19 lors des matches de Coupe d'Europe, et ne pas être lésés par la sélection de leurs meilleurs joueurs sous le maillot tricolore. Ils ont obtenu des accords sur les deux terrains.

Que ce soit pour le Tournoi des VI nations, comme pour les Coupes d'Europe de rugby, ce que réclament les clubs français du Top 14, c'est l'équité : ce début de la première semaine de janvier 2021 semble démontrer qu'ils sont sur la bonne voie.

Le premier terrain sur lequel les clubs professionnels français avaient un combat à livrer n'était pas le gazon des stades mais dans le cadre du protocole pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

La mésaventure subie par l'Aviron Bayonnais par exemple, n'a rien de drôle : au lendemain de son match de Challenge Européen contre les Tigres de Leicester (Angleterre), huit joueurs de son effectif ont été testés positifs à la nouvelle souche - hautement plus contagieuse - du Coronavirus, puis deux autres quelques jours plus tard.

La menace d'un boycott

Conséquence : le club basque a dû voir reportés deux matches du championnat de France face à Castres et à Pau, ainsi qu'un troisième contre Toulon vendredi 8 janvier prochain.

Dans ce contexte, ses dirigeants ne veulent prendre aucun risque supplémentaire : ils étaient prêts à renoncer aux deux derniers matches de Challenge Européen qu'il leur reste à disputer, dont le match retour à Leicester.

Pour les joueurs, cela aurait impliqué près d'un mois et demi de privation de toute compétition.

3 jours au lieu de 6

En cause : le protocole sanitaire appliqué par l'EPCR - l'autorité qui gère les Coupes Européennes de rugby - qui ne prévoyait jusqu'à présent qu'un seul contrôle de dépistage à la Covid-19, juste six jours avant un match.

Dans l'Hexagone, les précautions pour protéger les joueurs sont beaucoup plus strictes : des tests PCR sont réalisés sur la totalité de l'effectif (encadrement compris) 72 heures (soit trois jours seulement) avant toute journée de compétition.

Devant la bronca des présidents des 14 clubs français, une réunion avec les dirigeants de l'EPCR et des deux principaux championnats d'outre-Manche (Angleterre et Ligue Celtique) s'est tenue ce lundi midi 4 janvier par audioconférence.

L'Europe s'aligne sur la France

On n'attend plus que le communiqué officiel de l'EPCR - qui devrait être publié dans les heures qui viennent - pour avoir la confirmation que le règlement des deux compétitions européennes sera aligné sur le régime de tests de dépistage effectués trois jours avant chaque match.

En l'absence de cette mise en conformité avec les normes de sécurité sanitaire, plusieurs clubs membres de la LNR (la ligue des clubs de rugby professionnels français) envisageaient de boycotter les prochains tours des compétitions européennes.

Parmi ces derniers Pierre-Yves Revol, président du Castres Olympique, qui avait déclaré : "Nous songeons sérieusement à ne pas faire le déplacement à Newcastle dans deux semaines".

La décision à venir de l'EPCR devrait les rassurer et mettre fin à cette hypothèse.

Finie la guerre des "doublons"

Sur le plan intérieur, le conflit entre la FFR et la LNR sur la mise à disposition des meilleurs joueurs français par leurs clubs au bénéfice du XV de France avait connu maints rebondissements, avant d'aboutir à une cote mal taillée à l'automne 2020 : sur les six derniers matches de l'année, les 45 joueurs présélectionnés ne devaient pas en disputer plus de trois chacun, de façon à ne pas trop pénaliser leurs clubs respectifs engagés dans les compétitions hexagonale et continentale.

En cause, les fameux "doublons" réunissant le même week-end des matches de l'équipe tricolore et du championnat de France - ou de la Coupe d'Europe, ce qui nuit aux chances des clubs privés de nombre de leurs meilleurs titulaires : le Stade Toulousain en est le plus parfait exemple, avec cinq à six de ses meilleurs éléments (Dupont, Ntamack, Marchand, Ramos et consorts) retenus en sélection lors de journées cruciales de compétition.

Là aussi la concertation a porté ses fruits : les dirigeants de clubs et de l'équipe nationale ont abouti à la conclusion d'un accord baptisé "partenariat de performance".

Selon cet accord, lors de la première semaine de stage du 24 au 31 janvier, puis lors de chacune des cinq semaines se terminant par un match du XV de France lors du Tournoi des Six Nations 2021, 42 joueurs seront mis à disposition de la FFR du dimanche soir jusqu’au mercredi soir.

Les détails de l'accord

Cette présélection comprendra 37 joueurs susceptibles d'être retenus pour le match du XV de France du weekend suivant ; 28 seront conservés jusqu’au dimanche, les 9 autres seront remis à la disposition des clubs dès le mercredi dans la soirée ou le jeudi matin au plus tard.

De plus, cinq autres joueurs seront retenus comme « partenaires d'entraînement » et désignés par le sélectionneur du XV de France après concertation avec l'encadrement de chaque club concerné.

Ces partenaires d'entraînement seront choisis parmi les clubs ayant au maximum un joueur dans la liste des 37 sélectionnés de la semaine concernée ; ils pourront être sollicités sur quatre séquences au cours de la période du Tournoi. Ces joueurs rejoindront leur club le mercredi dans la soirée ou le jeudi matin.

Des matches et des jours de repos

Par ailleurs, lors des semaines du 15 au 21 février et du 1er au 7 mars - à l'issue desquelles il n'y aura pas de match du Tournoi pour les bleus -, les 28 joueurs retenus pour le match du weekend précédent resteront regroupés jusqu’au mercredi soir suivant.

A cette date, la FFR désignera parmi ce groupe de 28 joueurs, les 5 qui seront remis à la disposition de leur club pour la journée de Top 14 suivante (17ème puis 18ème journées). Les 23 autres devront être laissés au repos, en vue du match suivant du XV de France ; ces 23 joueurs ne devront donc pas être utilisés par leurs clubs respectifs pour participer à ces deux journées de TOP 14.

Cet accord, passé entre la Fédération et la Ligue professionnelle, a un objectif crucial en ligne de mire : briller au cours de la prochaine Coupe du Monde de Rugby, que la France accueillera en 2023.

 

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