Rugby : ils n'ont jamais été aussi nombreux au chômage, "J’ai eu des joueurs en larmes au téléphone"

C’est l’une des conséquences de la crise du Coronavirus. Si l’économie des clubs est en difficulté, les joueurs eux en subissent de plein fouet les conséquences. Le nombre de joueurs au chômage a explosé. Le syndicat Provale a pris des mesures et tire la sonnette d’alarme.

C’est l’une des conséquences de la crise du Coronavirus. Si l’économie des clubs est en difficulté, les joueurs eux en subissent de plein fouet les conséquences. Le nombre de joueurs au chômage a explosé.(image d'illustration)
C’est l’une des conséquences de la crise du Coronavirus. Si l’économie des clubs est en difficulté, les joueurs eux en subissent de plein fouet les conséquences. Le nombre de joueurs au chômage a explosé.(image d'illustration) © R. Brunel (Maxppp)

"J’ai eu des joueurs en larmes au téléphone ! Croyez-moi c’est la première fois que je vis une telle situation!" Inquiet, alarmiste, les mots manquent à Robins Tchalé-Watchou. Le président du syndicat des joueurs de rugby sait qu’il gère depuis trois mois une crise sans précédent.

Aujourd’hui les clubs n’ont aucune visibilité sur l’avenir alors tout est bloqué (Robins Tchalé-Watchou)

"C’est le problème de l’offre et de la demande, poursuit l’ancien joueur de Perpignan et Montpellier. Aujourd’hui les clubs n’ont aucune visibilité sur l’avenir alors tout est bloqué".

Face à la situation, Provale a pris des décisions inédites. Des mesures surtout pour inciter les clubs à recruter. Il s’agit d’un statut hybride pour les joueurs à la recherche d’un club. "On a créé un statut dérogatoire sur un an, explique Robins Tchalé-Watchou. Les clubs pourront les embaucher sans qu’ils soient considérés comme joueurs supplémentaires. Ils n’auront pas de frais d’agents à payer. Ce sont Des mesures incitatives, j’espère que ça suffira à limiter la casse".

Déjà une centaine de joueurs sans club

Le syndicat a déjà recensé plus d’une centaine de joueurs sans club. Dans la liste on y trouve quelques grands noms du rugby français : Benjamin Fall (Montpellier), Maxime Mermoz (Toulouse) ou encore Hugo Bonneval (Toulon). Certains ont même décidé d’anticiper. Trop dur d’attendre un éventuel coup de fil d’un agent ou d’un club. Julien Caminati le Castrais de 34 ans a décidé de se tourner vers la Pro D2 en signant à Montauban. Mieux vaut descendre d’un échelon que se retrouver sans rien au 30 juin. Le centre de Brive lui Guillaume Namy descend même de deux divisions. Il vient de s’engager à Narbonne en fédérale 1.

Dans un entretien accordé au journal l’Equipe, le demi de mêlée de Toulouse Pierre Pagès explique qu’il n’est pas malheureux d’avoir signé à Vannes en Pro D2. "Si Vannes ne s’était pas manifesté je serais revenu à Blagnac. J’avais mon plan B. Quand tu vois le nombre de mecs qui sont sur le carreau !"

Des mesures incitatives pour embaucher les chômeurs

Les agents de leur côté n’ont jamais vécu une telle période. A cette période de l’année, en général, ils sont sur leur téléphone 24h/24. Mais eux aussi ont bien du mal à trouver des solutions à leurs joueurs. Pour Miguel Fernandez, associé dans la plus grande agence d’agents, "on risque de voir le marché se réguler un peu. Les salaires ne seront plus jamais les mêmes. Mais déjà avant de parler salaires limitons la casse au niveau des joueurs au chômage".

Le 2 juin, date du dernier comité directeur de la ligue nationale de rugby, les joueurs chômeurs ont eu droit à une petite éclaircie. La période des mutations a été rallongée. Elle devait se terminer le 15 juillet elle a été prolongée  jusqu’en janvier 2021. D’autre part, toutes les propositions du syndicat Provale ont été acceptées. De vraies mesures incitatives pour Robins Tchalé Watchou.

"On veut que les clubs aillent chercher les joueurs sous contrat cette saison plutôt que de se tourner vers l’étranger. Il n’y a que comme ça que nous limiterons la casse".

Une réunion importante pour l’économie du rugby doit avoir lieu au Ministère des Sports. Il doit se prononcer sur une reprise en public des rencontres en septembre. Une condition indispensable pour que l’économie du rugby redémarre.

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