Castelsarrasin : l'accident mortel au passage à niveau serait-il dû à une défaillance technique ?

L'accident s'est produit le 30 octobre 2013 à 14h54 au passage à niveaux 159 sur la commune de Castelsarrasin. / © SNCF
L'accident s'est produit le 30 octobre 2013 à 14h54 au passage à niveaux 159 sur la commune de Castelsarrasin. / © SNCF

C'est l'hypothèse que soulève le magazine l'ebdo dans une enquête sur les dysfonctionnements des passages à niveau en France après le drame de Millas. L'article évoque plusieurs autres ''affaires'' dont une survenue en 2013 dans le Tarn-et-Garonne. Un couple de retraités avait perdu la vie. 

Par J.V

Le 30 octobre 2013, à 14h54, le train Corail Marseille-Bordeaux percute de plein fouet une Renault Twingo sur le passage à niveau numéro 159 de Castelsarrasin. A son bord, Georges et Ginette Dubor. Ils décèdent sur le coup. La thèse du suicide est rapidement évoquée. Mais le fils des victimes, lui même cheminot à la SNCF, est persuadé que ses parents n'avaient aucune raison de vouloir mettre fin à leurs jours et mène alors sa propre enquête. 
Cette histoire est racontée dans un long article du magazine L'ebdo sorti en kiosque ce 12 janvier 2018. 
Un mois après le drame de Millas qui a coûté la vie à six enfants, le magazine publie donc une longue enquête sur les défaillances des passages à niveau en France. Pour étayer sa thèse, le journaliste ressort des ''vieilles affaires classées en suicide" et il a réussi à se procurer des documents internes. Des rapports d'expertises qui mettent en évidence plusieurs dysfonctionnements inexpliqués sur les installations et notamment sur le passage à niveau 159. 

Extrait du rapport d'expertise après l'accident au passage à niveau 159 en 2013. / © ebdo
Extrait du rapport d'expertise après l'accident au passage à niveau 159 en 2013. / © ebdo
Le magazine explique que ce rapport d'expertise judiciaire (dont est tiré cet extrait) a été envoyé à une juge de Montauban quinze jours avant le drame de Millas. Il concerne l'accident du 30 octobre 2013. Les experts mandatés concluent ''que les passages à niveau, qui fonctionnent selon des techniques vieilles de 70 ans, ne sont pas fiables.''
Dans cet article, on apprend que 3 jours avant l'accident de ses parents, un accident similaire s'était produit à Moissac, faisant une victime. Là aussi la thèse du suicide est évoqué. Dans le même secteur, Claude Dubor découvre qu'un autre train a failli percuter une voiture à un passage à niveau alors que les barrières étaient ouvertes, mais que la conductrice s'est, heureusement, arrêtée avant. Trois incidents graves pointés du doigt par des experts qui parlent de ''risques potentiels de ratés de fermeture des barrières sur l'ensemble du réseau national".

Pour en savoir plus : https://www.ebdo-lejournal.com/
En vidéo, le reportage de Christine Ravier et Eric Foissac







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