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Des collégiens de Caussade (Tarn-et-Garonne) filmaient sous la jupe d'une enseignante : la gendarmerie ouvre une enquête

© Max PPP/Photo d'illustration
© Max PPP/Photo d'illustration

Une enquête de gendarmerie a été ouverte après plusieurs agressions présumées à caractère sexuel commises par des collégiens de Caussade (Tarn-et-Garonne) à l'encontre d'une professeure. Ils sont notamment accusés d'avoir filmé sous la jupe de l'enseignante et d'avoir fait circuler la vidéo.

Par Vincent Albinet

C'est une affaire qui provoque un émoi considérable au collège Pierre Darasse de Caussade, à 25 km au nord-est de Montauban.

4 éléves, parmi les 800 que compte l'établissement, sont accusés d'avoir filmé avec leur téléphone portable, à son insu, sous la jupe d'une de leurs professeures. Ils auraient également pris à plusieurs reprises depuis la rentrée de septembre "des photos à caractère sexuel" montrant notamment des élèves faisant des doigts d'honneur à cette enseignante toujours à son insu.

Ces documents auraient ensuite été diffusés sur les téléphones d'autres élèves. Ils auraient particulièrement circulé au sein du club de football local.

Deux plaintes déposées à la gendarmerie, le conseil de discipline du collège convoqué

Après deux plaintes déposées, l'une par l'enseignante pour agressions répétées à caractère sexuel et l'autre par le principal du collège, les gendarmes de Caussade ont ouvert une enquête. 

Parallèlement, un conseil de discipline, qui s'est tenu le 20 décembre dans l'établissement, a prononcé l'exclusion définitive de l'un des quatre élèves mis en cause et celle, provisoire, de huit jours, de deux autres. Le quatrième collégien impliqué comparaîtra devant le même conseil de discipline le 7 janvier prochain.

Les deux exclusions provisoires de 8 jours ont provoqué la colère de l'intersyndicale du collège ainsi que des enseignants non syndiqués. Dans un communiqué, ils s'indignent de "la décision du conseil de discipline (...) de ne pas exclure définitivement deux des trois élèves qui étaient mis en cause".
"Notre collègue subit des pressions dans sa vie personnelle et va donc à nouveau croiser ses agresseurs au sein du collège à partir de la rentrée de janvier. Nous souhaitons exprimer notre inquiétude et notre désarroi : comment ne pas s'identifier à notre collègue ? Comment continuer à faire confiance à nos élèves ? Nous réaffirmons notre dignité en tant que femmes et en tant qu'êtres humains et notre désir d'évoluer au sein du collège en toute sérénité", ajoutent-t-ils.

Le téléphone portable est pourtant interdit dans les écoles et les collèges depuis la rentrée 2018


Le Syndicat National des Enseignants de Second degré (SNES) déplore pour sa part que "de tels actes la part d’élèves aient pu être commis contre une  enseignante, et ce malgré l'interdiction du téléphone portable au collège, pourtant inscrite dans la loi et tant vantée par le ministre de l'Education nationale". Le SNES demande "que l'institution prenne la mesure du nécessaire accompagnement des équipes et des outils à mettre en place pour que nos collègues puissent enseigner dans les meilleures conditions et en toute sécurité dès la rentrée de janvier 2019".

Les enseignants du collège ont par ailleurs saisi le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). "Je ne suis pas certain que tout le monde ait pris la mesure de la gravité de ce qui s'est passé au collège Pierre Darasse. Ce sont des agressions à caractère sexuel. Il y a eu répétition. Cela confine au harcèlement", explique son secrétaire pour l'académie de Toulouse Maximilien Reynes-Duplex. "La réponse de l'institution n'a pas été à la hauteur de la situation. Elle a du mal à prendre en compte la souffrance au travail des personnels.", ajoute-t-il.

L'Education nationale dit "prendre l'affaire très au sérieux"

La chargée de communication du Rectorat de Toulouse répond que "l'affaire est prise très au sérieux". "L'enseignante a reçu le soutien total de l'institution, explique Marianne Bouzigues. Le principal l'a accompagnée  pour son dépôt de plainte à la gendarmerie et a lui-même déposé plainte au nom de l'établissement. Et le conseil de discipline a été saisi". Quant à la l'indulgence de deux des trois peines prononcées ? "Le conseil de discipline est souverain".

L'Inspecteur d'académie a envoyé une lettre de soutien à la victime. Il devrait également recevoir les enseignants à la rentrée, qui ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices dans l'établissement.

La professeure agressée est depuis la découverte des faits en arrêt maladie. Un arrêt qui pourrait être re-qualifié en accident du travail.

 

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