La prolifération des punaises diaboliques, nouveau cauchemar des agriculteurs

Outre les punaises de lit, une autre punaise fait des ravages cet automne : la punaise diabolique. Elle s’attaque aux cultures du Gers et du Tarn-et-Garonne. Les agriculteurs sont démunis face à ce nouveau fléau.

C’est le nouveau cauchemar des agriculteurs de la région : les punaises diaboliques. Arrivées d’Asie via le transport de marchandises il y a 5-6 ans, ces insectes pullulent dans le Gers et le Tarn-et-Garonne, aidées par le réchauffement climatique.

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30% d’un verger attaqué dans le Tarn-et-Garonne

Pas de sélection pour les larves de la punaise diabolique. Kiwi, noix, poires… Elles s’attaquent à une grande variété de fruits mais aussi aux légumes et aux grandes cultures dans d'autres départements de la région, comme par exemple le Lot. Dans le Gers ce sont les céréales qui sont touchées.

Françoise Roch est productrice de pommes dans le Tarn-et-Garonne. Chaque jour, elle constate les dégâts provoqués par les piqûres de cet insecte. “Si l’on cueille un pomme, on voit tout de suite les impacts dessus”, montre l'arboricultrice. “Sur celle-ci, il y en a 2-3, ils sont dûs à la piqûre de la punaise diabolique. A l’intérieur, ça fait comme si il y avait un petit morceau de liège. Et le fruit ne grossit plus là où il a été piqué, ce qui fait des pommes toutes bosselées.”

Cette année, 30% de ses pommes sont touchées. Le fruit reste comestible mais il sera déclassé lors de sa vente. “Sur le marché, elle ne se vendra pas parce que les gens achètent avec les yeux”, déplore-t-elle. “Idem en grande surface où les clients choisissent leurs fruits.” Ces pommes seront alors vendues à l’industrie pour être transformées en jus ou en compote. Un manque à gagner certain pour les producteurs. “Elles nous seront achetées entre 7 et 10 centimes”, précise Françoise Roch. “Alors que si on les avait vendues en frais, on aurait touché entre 40 et 50 centimes.”

Pas de moyen de lutte face à cet insecte ravageur 

Pour le moment, la profession ne sait pas se protéger contre le parasite. Contrairement aux autres punaises, la punaise diabolique n’a pas de prédateur naturel en France. “C’est très difficile d’en prévoir l’évolution”, alerte Jean-Louis Sagnes, le conseiller technique arboriculture de la Chambre d'agriculture du Tarn-et-Garonne.

*“Elle peut s’attaquer à toutes sortes de cultures et reste présente du printemps à l’automne. Il n’est donc pas possible d’utiliser des produits phytosanitaires sur une aussi longue période.” Ces derniers sont d’ailleurs interdits d’utilisation, il faut donc composer avec les moyens du bord. “L’idée c’est de fermer la parcelle avec des filets, mettre les pommiers dans une cage pour éviter que les punaises ne rentrent à l’intérieur”, propose Jean-Louis Sagnes. “C’est relativement cher mais ça reste le plus efficace. Après, on peut faire en sorte de rendre le verge le moins attractif possible pour les punaises en gardant l’herbe tondue.” 

Une croissance exponentielle

Sans réelle solution, le comptage des insectes permet de connaître leur évolution et leur prolifération. En 2022, 120 000 punaises diaboliques ont été recensées dans les 20 pièges installés par la Chambre d’agriculture. C’est 50 fois plus que l’année précédente. Une multiplication qui s’explique aussi par le réchauffement climatique : ces longs étés chauds et secs lui sont particulièrement favorables. “Ca fait beaucoup de calamités”, réagit Françoise Roch, la productrice de pommes. “On doit faire face au puceron, à la sécheresse, aux coups de soleil… les nouveaux parasites nous arrivent alors qu’on a déjà du mal à contenir les anciens. C’est un melting-pot dangereux pour notre métier.”  

Des recherches sont en cours pour trouver des moyens de lutter contre le ravageur. Mais les agriculteurs réclament des dérogations pour utiliser des produits phytosanitaires (interdits par la France et l’Union européenne) le temps de trouver une alternative contre la punaise diabolique.

(Ecrit avec Nathalie Fournis et Virginie Beaulieu)

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