Montauban : alerte au moustique-tigre, Brigitte Barèges demande une opération de démoustication de toute la ville

Le moustique tigre Aedes albopictus est présent dans la totalité du département de Tarn-et-Garonne. / © alessandrozocc
Le moustique tigre Aedes albopictus est présent dans la totalité du département de Tarn-et-Garonne. / © alessandrozocc

Le moustique-tigre ne respecte pas la réglementation : quand un cas de dengue est découvert seule une zone de 150 m autour du domicile du malade est démoustiquée. Pour la maire de Montauban les 3 cas de dengue avérés depuis l'été montrent que cette mesure ne suffit pas. Toute la ville en a besoin.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

C'est une spirale née des réglementations administratives, à laquelle la maire de Montauban veut mettre fin : celle des opérations de démoustication au coup par coup, dans des zones limitées, et qui n'enraye pas la progression de la dengue - une maladie tropicale assimilable à une grippe virulente avec des symptômes neuromusculaires.
Elle a choisi de rendre publique une lettre adressée hier à Pierre Besnard, préfet du département de Tarn-et-Garonne, et à Pierre Ricordeau, Directeur général de l'ARS (Agence Régionale de Santé) d'Occitanie.
Elle y déroule une démonstration chronologique implacable :
  • un premier cas de dengue, certes sur un voyageur revenant de l'île de la Réunion, est découvert début juillet : le préfet décide de ne faire démoustiquer que 2 quartiers de Montauban, Médiathèque-Beausoleil et Villebourbon
  • le 24 juillet Brigitte Barèges écrit au préfet pour demander de traiter l'ensemble de la ville. Elle reçoit le 29 août un refus catégorique, s'appuyant sur la réglementation qui ne prévoit de traiter que dans un rayon de 150 m autour du domicile du malade.
  • un deuxième cas diagnostiqué entraîne une opération de démoustication - toujours limitée - dans la nuit du 10 au 11 septembre
  • enfin un troisième cas nécessite un traitement du centre-ville dans la nuit du 4 au 5 octobre
Dans sa lettre ouverte, Brigitte Barèges estime qu'une "épidémie" a bien démarré à Montauban.

Elle conclut par trois demandes :
  • une transparence totale sur le nombre de cas de dengue, et autres arboviroses (voir encadré ci-dessous) constatés sur la ville de Montauban depuis le 1er janvier 2019
  • un traitement préventif total de l'ensemble des quartiers de la ville, afin d'essayer de l'éradiquer
  • enfin un retour sur les résultats obtenus et le suivi des patients atteints
Les opérations de démoustication en zone urbaine se font de nuit, au moyen de pick-ups équipés d'un puissant pulvérisateur. / © MaxPPP
Les opérations de démoustication en zone urbaine se font de nuit, au moyen de pick-ups équipés d'un puissant pulvérisateur. / © MaxPPP
Il est clair que le choix du premier magistrat de Montauban de rendre publique cette lettre, y compris sur les réseaux sociaux, est un moyen de faire monter la pression sur ses destinataires, le Directeur Général de l'ARS Occitanie et le préfet du département de Tarn-et-Garonne.
Ce dernier communiquera sa réponse dans les heures ou les jours qui viennent.

 

Moustique-tigre, arboviroses et contagion

La dengue est une maladie de la famille des arboviroses. Comme la grippe, elle n'est mortelle que sur les personnes les plus fragiles (enfants, personnes âgées ou souffrant d'un déficit immunitaire).
Beaucoup plus graves sont les virus du Chikungunya et de Zika.
Le premier est apparu à Mayotte en 2004, et a déclenché une grave épidémie dans l'autre île française de l'Océan Indien - la Réunion - où elle a touché 244 000 personnes et causé 203 morts entre février 2005 et avril 2006.
Le second peut entraîner des séquelles neurologiques, et surtout des malformations congénitales chez les bébés portés par des femmes atteintes de Zika.
Une épidémie déclenchée en 2015 a déjà touché 1 Million et demi de personnes au Brésil, 600 000 en Colombie.
Des espèces Aedes Aegypti et Aedes Albopictus, le moustique-tigre est le principal vecteur de ces virus : il pique une personne malade, et le sang infecté est transmis à une personne saine à l'occasion d'une autre piqûre, quelques jours plus tard.
C'est d'ailleurs sur le fait que l'épidémie de dengue n'est au départ pas présente en Tarn-et-Garonne, et que seul le cas où une personne - ayant attrapé la maladie ailleurs et étant revenue infectée à Montauban - a pu se faire piquer par un moustique-tigre présent dans le département, que s'appuie le préfet pour justifier que ces cas dispersés ne nécessitent de démoustiquer que les parages immédiats des domiciles des malades.
Un raisonnement que conteste haut et fort Brigitte Barèges.

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