Montauban : préavis de grève illimitée à la clinique du Pont de Chaume contre une restructuration

La clinique du Pont de Chaume à Montauban a déjà connu un long mouvement social en 2015. / © Chantal Longo/MaxPPP
La clinique du Pont de Chaume à Montauban a déjà connu un long mouvement social en 2015. / © Chantal Longo/MaxPPP

La CGT de la clinique du Pont de Chaume, à Montauban, a déposé mercredi 20 mai 2020 un préavis de grève illimitée pour protester contre une restructuration annoncée le jour même par la direction. Le syndicat dénonce un passage en force, en pleine crise sanitaire.

Par Marie Martin

Ils l'ont appris hier soir, après 21 heures. Et le préavis a été déposé dans la foulée.

Ils, ce sont les salariés de la clinique du Pont de Chaume, à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. Ils ont reçu un mail de leur direction, mercredi 20 mai donc, les remerciant tout d'abord pour leur travail accompli pendant la crise du Covid-19. Leur annonçant ensuite le plan de reprise d'activité telle que recommandé, selon la direction, par l'ARS (agence régionale de santé) pour rattraper le retard dans la prise en charge des autres soins. 
Une restructuration, à compter de lundi 25 mai, qui n'a pas recueilli l'approbation des représentants du personnel et en particulier de la CGT, syndicat majoritaire dans l'établissement.

"Le préavis court depuis ce matin 6h30", nous explique Valérie Galaud, infirmière, déléguée syndicale CGT et secrétaire du CSE. "Pour l'instant, nous ne sommes pas sortis, nous attendons de voir si la direction nous reçoit". 

Pour la CGT, il s'agit d'un coup de force. "Sous couvert de la crise sanitaire, on va diminuer les effectifs pour constituer un petit groupe de salariés et ainsi s'auto-remplacer. Ils vont pouvoir changer nos plannings, nos horaires, en fonction des besoins. On va devoir aller dans des services qui ne sont pas les nôtres". 
Pour la CGT, cette restructuration équivaut à la suppression de 15 postes de soignants.

C'est de l'hyper polyvalence, de l'hyperflexibilité, alors qu'on demande justement un peu plus de stabilité


"On pensait qu'avec cette crise, ils allaient faire un peu profil bas et bien, pas du tout, il faut encore gagner de l'argent sur la crise !", dénonce Valérie Galaud. Qui rappelle que la clinique a accueilli une dizaine de patients atteints du Covid-19.

La direction de son coté précise dans un communiqué s’un licenciement n’est prévu. "Malgré ce contexte délicat, et contrairement aux déclarations faites sur le sujet, aucun licenciement n’est prévu. La direction est consciente que toutes les équipes ont fait preuve d’une grande souplesse mais dans ce contexte inédit, elle fait appel au sens des responsabilités des équipes qui a permis jusqu’à ce jour l’adaptation de l’établissement à cette crise sanitaire

Une assemblée générale aura lieu lundi 25 mai, en fin de journée. Elle devrait décider de la mise en place d'actions, dès le lendemain, si les négociations n'aboutissent pas à un accord. 
Rappelons que la clinique du Pont de Chaume a connu un long conflit social en 2015, également pour des questions de réorganisation et d'économies budgétaires.

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