Montauban : la renaissance du rugbyman Paul Tailhades, victime d'un AVC à 22 ans

Le 2 mars 2019, deux jours après son premier match professionnel, Paul Tailhades, le pilier de l'US Montauban est victime d'un AVC. A seulement 22 ans, cet espoir du rugby voit sa carrière s'arrêter net. Mais après sept mois d'examens médicaux, il peut rechausser les crampons.   
 

Paul Tailhades a retrouvé le sourire
Paul Tailhades a retrouvé le sourire © FTV
Répéter encore et encore les même gestes à l'entrainement, la routine pour chaque rugbyman professionnel, un plaisir au quotidien pour Paul Tailhades. Si le jeune pilier de Montauban se régale autant pendant les séances, c'est tout simplement parce que tout aurait pu s’arrêter fin février 2019.
L’histoire débute au réveil d’une sieste dans le vestiaire de l'USM.
" En me réveillant, j’avais de gros maux de tête, je devais jouer mon premier match pro quelques jours après, alors je me suis dit que j’avais sans doute un peu de pression et que ça allait passer, et que je serais prêt pour le match."
Première alerte pour Paul, son corps encaisse, et jeudi 28 février comme prévu, il dispute les premières minutes de sa carrière chez les professionnels.

Des maux de tête violents 

Mais deux jours après le match, la situation se dégrade chez des amis à Castres.

Je mange le samedi midi chez mon meilleur ami à Castres, et là je fais une crise d’épilepsie en plein milieu du repas, j’ai été emmené à l’hôpital de Castres, les examens ont montré que j’avais fait un AVC.

Pris en charge très rapidement, il s’en sort physiquement indemne après cinq jours d’hôpital, mais les causes de son AVC restent inconnues.
Dans ce contexte, les médecins ne lui donnent pas l'autorisation de reprendre le rugby. Un coup dur pour le jeune joueur. A peine entamée, sa carrière est à l’arrêt à tout juste 22 ans.
"C’est beaucoup de questions, même de la peur, pourquoi ça m'arrive à mon âge, je ressens ça comme une injustice."

Une carrière prometteuse à l'arrêt 

Le chemin qui le menait vers le rugby professionnel était pourtant tout tracé : espoir au Castres Olympique, Paul joue à Albi, avant d'intégrer l'effectif de l'US Montauban. 
Pendant sept mois, il enchaine les bilans médicaux. Une attente interminable, sans même savoir s'il pourra rejouer un jour.
La bonne nouvelle tombe enfin le 1er octobre, le joueur est autorisé à reprendre l'entrainement . 

C'est une joie indescriptible, j’avais les larmes aux yeux, c’était fantastique, j’avais même du mal à réaliser.

Un retour sous surveillance médicale 

Au club, on surveille de près son état physique et mental. La prochaine étape est cruciale : retrouver les terrains de Pro D2.
Pour le docteur Akram Ben Said, médecin du sport, si Paul s'est rétabli aussi vite sans séquelles, c'est grâce à sa physiologie.
"Les sportifs de haut niveau ont des capacités cardiovasculaires au-dessus de la moyenne, c'est ce qui lui a permis  de traverser cet épisode sans trop de conséquences. Avec quelqu’un de sédentaire présentant quelques facteurs de risque, l’issue n’aurait pas été la même."

Le soutien du club 

Depuis son accident jusqu' à son retour sur les terrains, le club s’est montré solidaire, notamment en lui renouvelant sa confiance avant même de savoir s’il sera apte à rejouer. Pour Jeff Dubois, l'un des entraineurs de Montauban, il n'était pas question de le laisser tomber.

Déjà on a été très choqué de ce qui lui est arrivé, c’est un joueur qui a énormément de potentiel. On voulait continuer avec lui alors on a beaucoup discuter avec les dirigeants pour voir comment on allait faire pour le garder. 

L'USM lui propose alors un contrat d’un an pour se relancer au poste de pilier gauche.

Un seul objectif, retrouver la compétition 

Paul Tailhades reprend le chemin de l'entrainement avec une motivation décuplée. Il travaille dur pour retrouver la compétition au plus vite, et ses entraineurs sont unanimes : ce n’est plus vraiment le même joueur qu’avant son accident
Jeff Dubois: 

Je le trouve plus attentif, plus régulier dans ses entrainements, l’année dernière il faisait beaucoup plus de fautes, là je vois un joueur d'un autre niveau.

Même constat pour Jean Bouilhou : "Il aborde ce sport d’une autre façon, avec de l’enthousiasme et le fait de savoir que tout aurait pu s’arrêter lui donne une force supplémentaire."

Profiter de cette 2ème chance 

Convoqué dans le groupe à plusieurs reprises, Paul profite à fond de sa 2ème chance avec une attention et une approche différente du rugby.

Je me dis que j’ai de la chance d’avoir pu continuer le rugby. Maintenant j’arrête un peu de faire l’idiot, je me suis vraiment remis à bosser. Ce qui m’est arrivé m’a mis du plomb dans la cervelle.

Paul a jusqu’à la fin de saison pour s’imposer et décrocher un nouveau contrat avec d’ores et déjà une certitude : celle de savourer pleinement chaque instant de sa vie.
 
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