Albi : le circuit automobile du Tarn sous la menace d'une fermeture administrative le 12 juillet

C'est l'un des fleurons du sport automobile en France. Créé en 1962, le circuit d'Albi risque de voir ses presque 60 ans d'histoire prendre fin abruptement. Attaqué pour ses nuisances sonores, il se retrouve sous la menace d'une fermeture par décision administrative, ce lundi 12 juillet.
Depuis sa création en 1962, le circuit d'Albi a vécu de grandes heures : ici la victoire de l'Australien Jack Brabham en Formule 2, le 14 septembre 1964. Son Histoire pourrait connaître une fin brutale le 12 juillet prochain.
Depuis sa création en 1962, le circuit d'Albi a vécu de grandes heures : ici la victoire de l'Australien Jack Brabham en Formule 2, le 14 septembre 1964. Son Histoire pourrait connaître une fin brutale le 12 juillet prochain. © AFP

Albi est l'un des hauts-lieux du sport automobile en France : on y dispute des courses depuis près de 80 ans, et son circuit a été créé en 1962.
Pourtant, il risque de ne pas pouvoir fêter son soixantième anniversaire et de voir son histoire prendre fin abruptement, en dehors de toute considération sportive.

En effet, il se retrouve attaqué par des riverains pour ses nuisances sonores depuis plusieurs années. Dernier épisode en date, ce circuit apprécié de tous les amateurs de sports mécaniques en France est sous la menace d'une fermeture définitive, non par une sanction judiciaire mais par une décision purement administrative, ce lundi 12 juillet 2021.

Efforts d'infrastructures

Pourtant, suite à de grosses sommes dépensées en travaux de mise en conformité, le circuit a reçu son homologation en 2019 après avoir répondu en tous points au cahier des charges le plus sévère de tous, ceux imposés aux circuits de sports mécaniques dans tout l'Hexagone.

Le tracé albigeois applique donc bien le code du sport : toutes ses difficultés sont nées d'un décret de 2018 imposant aux circuits français d'appliquer aussi le code de la santé publique.

Pour s'y conformer, les investissements pour améliorer l'infrastructure se sont poursuivis en 2020. Cette fois, le problème des nuisances sonores s'est circonscrit au village du Séquestre, en banlieue d'Albi, qui borde le circuit, principalement sur son côté sud.

Une histoire de sonomètre

Les mesures effectuées à l'aide d'un sonomètre, installé au coeur du village, n'ont pas capté de bruits supérieurs aux normes tolérées.

En revanche, et malgré la mise en place spécifique d'un mur anti-bruit au bénéfice de deux maisons construites en bordure du virage nord du circuit, un sonomètre placé à 35 mètres de la piste a révélé des dépassements occasionnels du nombre de décibels autorisés.

L'association ARAS, regroupant 44 riverains du circuit, a porté plainte : le tribunal de police d'Albi a condamné le 18 janvier 2021 le gestionnaire du circuit à 71.300 € d'amende et de dommages et intérêts.

De jugements en arrêts

La direction du concessionnaire du circuit a aussitôt interjeté appel de ce jugement, contestant le fait que 40 des 44 plaignants aient "intérêt à agir" conformément à la Loi. Un nouveau procès est prévu pour se tenir au mois de novembre prochain devant la Cour d'Appel de Toulouse.

Entretemps le Conseil d'Etat - la plus haute juridiction administrative de France - a pris un arrêt validant l'homologation décernée au circuit d'Albi en 2019.
Pour autant, c'est sur le premier jugement, datant du mois de janvier dernier, que s'est appuyé le maire du Séquestre pour formuler une "mise en demeure" de cesser tout dépassement du volume sonore autorisé.

La balle dans le camp du maire du Séquestre

L'échéance est fixée au lundi 12 juillet 2021 : la préfète du département du Tarn ayant laissé toute latitude au maire du Séquestre pour gérer cette affaire sur sa commune, ce dernier peut en toute légalité décréter la fermeture du circuit.

Pourtant, la société GS Events, gestionnaire du circuit (qui appartient à la Ville d'Albi) a pris de nombreuses autres mesures :

Nous avons déjà fait beaucoup de concessions. Le circuit d'Albi ne peut pas se contenter des week-ends de courses - qui ne sont pas en cause - pour s'équilibrer financièrement : il faut que la piste soit fréquentée en semaine. Il en va de dizaines d'emplois et de millions d'euros de retombées économiques pour l'agglomération albigeoise. Il faut absolument que nous nous retrouvions tous autour d'une table et que nous trouvions une solution.

Gregor Raymondis, Directeur Général du circuit automobile d'Albi

Pour ce qui pourrait être le dernier week-end de son existence, le circuit d'Albi accueille ces samedi 10 et dimanche 11juillet, le quatrième "Grand Prix Historique", rassemblant des voitures de course de légende.

Alors, sera-ce le point final à soixante années d'histoire ?

Une fermeture du circuit pourra-t-elle vraiment être considérée comme une victoire totale pour les riverains qui se plaignent de ses nuisances sonores ?

Un début de réponse est attendu ce lundi 12 juillet.

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