PHOTOS. Autoroute A 69. Environ 200 personnes ont participé à la manifestation en soutien à la ZAD interdite par la préfecture, 6 interpellations, 3 gendarmes blessés

Les opposants à l'A 69 ont organisé une nouvelle manifestation ce dimanche 18 février 2024 à Saïx dans le Tarn, en soutien aux occupants de la ZAD. 6 personnes ont été interpellées, 3 gendarmes blessés.

Les opposants à l'A 69, projet d'autoroute qui doit relier Castres à Toulouse, ont organisé une nouvelle manifestation festive ce dimanche 18 février 2024 à 14h, à 500 m de la Crem'Arbre à Saïx dans le sud du Tarn, en soutien aux occupants de la ZAD. Une marche était prévue pour tenter d"aller ravitailler les écureuils en nourriture et en eau", décrit un militant, joint par France 3 Occitanie. Celle-ci intervient dans un climat tendu. Le bois occupé par les opposants installés dans les arbres pour contrer leur coupe est encerclé par les forces de l'ordre depuis hier soir.

La manifestation a débuté vers 14h. Environ 200 personnes ont marché le long de la voie ferrée. Aucun train ne circulera entre Castres et Toulouse, comme ce fût le cas, déjà hier. Certains manifestants portent des masques à gaz.

Une quinzaine de camions des forces de l'ordre sont sur place dont deux centaures. Les manifestants se sont dirigés vers la zone de la Crém'Arbre où sont perchés les "écureuils". Mais les forces de l'ordre bloquent l'accès au site. 

" Là bas (NDRL : où sont les écureuils), c'est une voie publique et là nous sommes sur un terrain privé, donc ils nous en empêchent d'aller les ravitailler", explique un des manifestants, au micro de notre journaliste sur place Marion Meyer.

Des gaz lacrimogènes ont été tirés envers les manifestants pour les disperser. Les manifestants ont eux "jetés des pierres et des cocktails molotovs" en direction des gendarmes, selon la préfecture du Tarn qui évoque "des affrontements violents". 

Selon le préfet de Castres, Laurent-Gandra Moreno, qui a assisté aux opérations, environ 150 gendarmes ont été mobilisés directement au temps le plus fort de la manifestation. 6 personnes ont été interpellées cet après-midi. Un manifestant a été évacué. 

Selon un bilan de la préfecture transmis ce soir, " trois gendarmes ont été blessés, un manifestant évacué, 6 personnes interpellées, deux engins d'une entreprise de travaux publics ont été incendiés", à l'issue de ce rassemblement. "Le Préfet du Tarn condamne fermement les dégradations commises et les attaques subies par les forces de l’ordre", indique un communiqué. 

Hier, samedi 17 février,  "les forces de l'ordre ont été encore nombreuses sur le site", écrivent-ils dans un communiqué. 

Gaz lacrymogène contre jets de projectile

Hier, les militants ont tenté de s'interposer à l'intervention d'une pelleteuse qui "commençait à créer une rampe d'accès à l'orée du bois", sur un terrain précédemment occupé par les opposants. "Les écureuils effrayés sont déjà mis en danger par l'engin et ses travaux", résument les opposants dans le communiqué. Les arbres sont reliés les uns aux autres par des tyroliennes, la déstabilisation du terrain rend très vulnérables les écureuils à la cime des arbres. En réponse à la menace de la machine, les militants ont tenté d'empêcher le saccage. Les forces de l'ordre ont gazé massivement à proximité de la maison où vit encore un voisin, face à la ZAD. Les jets de lacrymogènes ont atteint la caravane de l'habitant, ce qui l'a incendié", affirment les militants qui veulent dénoncer les méthodes employées par les forces de l'ordre.

Usage de projecteur et de sirène 

Selon des militants sur place, les forces de l'ordre auraient fait usage de projecteur et de sirènes toute la nuit dernière pour empêcher les militants de dormir. Dans une vidéo diffusée par le média indépendant Vakita sur X, les gendarmes empêcheraient aussi tout accès à la nourriture aux écureils perchés dans les arbres.

Une information confirmée en sonore par la préfecture dans la vidéo que l'administraton n'a pas souhaité commenté ce matin. 

Six associations ont déjà annoncé, vendredi 16 février, le dépôt d'une plainte contre X pour mise en danger volontaire de la vie d'autrui, "en raison de la gravité des événements actuels" sur la ZAD de la Crem'Arbre. Ils attendant également que la justice statue sur leur recours déposé contre l'abattage des arbres qui a débuté le 15 février.

Le chantier devrait reprendre ce lundi, tout comme la circulation des trains.