Autoroute A69 : une plainte déposée pour "mise en danger volontaire de la vie d'autrui", vers un nouveau campement des opposants

Chaque jour, les forces de l'ordre interviennent autour et dans la zone occupée par les opposants à l'autoroute A69. "Des exactions" disent plusieurs associations. Une plainte a été déposée ce vendredi 16 février 2024 alors qu'un nouveau campement semble vouloir se mettre en place.

Six associations ont annoncé le dépôt d'une plainte contre X pour mise en danger volontaire de la vie d'autrui, ce vendredi 16 février 2024, "en raison de la gravité des évènements actuels" sur la ZAD de la Crem'Arbre, à Saïx, dans le Tarn. Selon les associations de protection de la nature et collectif d'opposants à l'autoroute A69 entre Castres et Toulouse, "les autorités mettent le feu aux poudres".

Un palier franchi, "en toute illégalité"

Pour l'avocate chargée de ce dépôt de plainte auprès du procureur du tribunal de Toulouse, "les pratiques des forces de l'ordre sont totalement inadmissibles. Nous refusons qu'un drame arrive pour que les instances compétentes se saisissent d'une expertise approfondie du dossier".

La veille, jeudi 15 février, un palier a été franchi à la Crem'Arbre. "Tirs de grenades de toutes sortes, enfumage par combustion de matériaux divers, (...) et surtout des actes qui ont pour objectif de terroriser écureuils et militants au sol, mettent ces derniers en danger de mort", est-il écrit dans un communiqué signé par six associations, dont la Ligue des Droits de l'Homme de Toulouse.

Sur leur canal d'information Telegram, les occupants de la Crem'Arbre mutliplient la publication d'images des dernières interventions des forces de l'ordre. Sur une vidéo prise par une militante campée en haut d'un arbre, on peut entendre celle-ci crier : "Mais vous êtes fous, vous avez renversé le bidon d'essence, vous êtes sérieux ?"

Dans leur communiqué, les défenseurs de l'environnement et opposants à l'autoroute A69 évoquent des "faits délictuels" alors qu'une commission parlementaire se met en place et qu'un référé pénal environnemental a été déposé en début de semaine contre la reprise des abattages d'arbres.

Vers un nouveau campement ?

Depuis ce vendredi matin, un groupe d'observateurs toulousains des pratiques policières, initié par la Ligue des Droits de l’Homme, est sur la zone afin de discuter avec les occupants et s'assurer de la légalité des moyens employés par les forces de l'ordre.

"On a l'autorisation de se déplacer à volonté sur les espaces publics, mais nous avons une interdiction formelle de nous rendre sur le terrain occupé, expliquait Pascal Gassiot, membre du groupe d'observateurs. Pour nous, c'est un peu gênant parce qu'on voulait aller voir au plus près de ce qui se passe."

Délogés de la zone occupée par les gendarmes, les militants qui ne sont pas perchés dans les arbres, ont lancé un nouvel appel à rassemblement de soutien à la Crem'Arbre. Un point de rendez-vous a également été donné "pour s'organiser ensemble sur un nouveau campement", sur un autre terrain privé, non loin de là.