"C'est très fragile comme équilibre", incertitude sur l'ouverture des urgences de l'hôpital d'Albi à Noël

Les urgences d'Albi (Tarn) ont failli fermer dans la nuit du 23 au 24 novembre 2023 faute de médecin urgentiste. Des menaces pèsent toujours sur ce service pour la période de Noël. Le président du Conseil départemental a lancé l'alerte, mais les autorités - ainsi que la maire d'Albi - se veulent rassurantes.

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La première semaine de décembre 2023, le président socialiste du Conseil départemental du Tarn Christophe Ramond a lancé un cri d'alarme : les urgences d'Albi ont failli fermer pour une nuit ces derniers jours et elles pourraient le faire prochainement pendant les fêtes.

Des tensions par manque de personnel

Le service des urgences de l'hôpital d'Albi est en souffrance. Neuf postes sont toujours en affectation et il manquerait sept médecins pour un fonctionnement optimal. La rumeur d'une fermeture, faute de moyens pour les fêtes de fin d'année, a alors pris de l'ampleur. Le président du Conseil départemental Christophe Ramond a dénoncé cette situation. 

Le phénomène n'est pas nouveau. Les urgences ont été menacées de fermeture nocturne encore cette année. La réduction d'activité n'a finalement pas eu lieu. Alors, quid d'une potentielle fermeture la nuit du 26 au 27 décembre comme le craint le président du département ?

Stéphanie Guiraud-Chaumeil la maire d'Albi répond par la négative chez nos confrères de France Bleu Occitanie. "Il n'y a pas eu de fermeture des services d'urgences à Albi et il n'y en aura pas. Parce que je crois que là aussi, jamais des soignants, jamais des institutionnels ne laisseront un territoire comme le nôtre sans service d'urgences. Il y a une inquiétude générale sur une situation générale qu'on connaît à Albi, mais qu'on connaît dans tous les autres territoires de France. Il y a des réponses locales rassurantes pour nos concitoyens."

Régulation et solidarité

Si la situation est tendue dans le Tarn comme dans d'autres départements, la fermeture a été évitée grâce à une solidarité au sein du corps médical et une régulation organisée par les autorités. Si les urgences n'ont pas fermé en novembre, c'est sur le volontariat d'un médecin urgentiste qui, la veille, a bien voulu combler le manque. 

Médecin généraliste à la retraite, Patrick Jean a repris du service au mois de novembre dans une maison de santé ouverte en juin, notamment pour soulager les urgences. La situation serait pour lui compliquée en cas de fermeture de ce service. "Je pense qu'il y aurait un afflux de patients, car déjà, on voit arriver des personnes qui nous sont adressées par les urgences." 

Mais l'hôpital l'assure : les effectifs seront a priori au complet. L'Agence Régionale de Santé conduit actuellement des concertations avec les établissements du Tarn pour éviter la fermeture.
Le président de l'ordre des médecins du Tarn Etienne Moulin par ailleurs élu PS du département, reste malgré tout prudent.

Une solidarité inter-établissements

"C'est très fragile comme équilibre. Les Albigeois peuvent être rassurés grâce à ce travail collectif. Mais il ne faut pas oublier que chaque jour, il faudra réfléchir à la solution à appliquer si jamais nous sommes devant une situation très difficile à gérer."

Dans un communiqué commun du 30 novembre dernier, l'ARS d'Occitanie et la préfecture du Tarn précisent : "Depuis de nombreuses semaines, l’Agence régionale de santé Occitanie est mobilisée avec tous les directeurs d'établissements, les communautés médicales, les unions régionales des professionnels de santé et la régulation médicale libérale pour garantir l’accès aux soins urgents à Albi comme partout dans le Tarn."

Ces 4 dernières semaines, une solidarité inter-établissements entre les hôpitaux du Centre hospitalier
intercommunal Castres-Mazamet, de Lavaur et d'Albi a permis d'assurer le fonctionnement des urgences de nuit à Albi. Des solutions fragiles et non pérennes pour garantir l'accès aux soins dans une période de fêtes de fin d'année où les hôpitaux voient souvent leur fréquentation augmenter.

(Benoît Roux avec Léo Paichard)