Déconfinement : à Albi une centaine de professionnels du monde de la nuit manifeste sous le feu des projecteurs

Ils se baptisent eux-mêmes "les oubliés du déconfinement" et considèrent qu'ils sont traités comme des "pestiférés" : à Albi une centaine de professionnels du monde de la nuit a manifesté ce mercredi après-midi pour placer ses difficultés sous le feu des projecteurs.

Ils sont DJ's, patrons de discothèques, artistes, musiciens, organisateurs et intermittents du spectacle : ce sont tous des professionnels du monde de la nuit qui s'affirment comme "les oubliés du déconfinement".

Pour attirer l'attention sur leurs professions, qu'il leur est toujours interdit d'exercer - alors que les cinémas, certaines salles de spectacle, mais aussi les bars musicaux ont désormais rouvert - ils ont manifesté ce mercredi 24 juin, place du Vigan à Albi (Tarn).

Les images de certains attroupements lors de la "fête de la musique" ont été la goutte qui a fait déborder le vase de leur frustration.

Une centaine de participants

Cette action a pris la forme d'un rassemblement, pacifique mais plein de détermination, qui s'est déroulé de 14 H à 18 H, les heures les plus chaudes de cet après-midi d'été quasi-caniculaire; mais la température de 33° n'a en aucune mesure découragé les participants.

Au total ils sont près d'une centaine de professionnels, venant du Tarn, de l'Aveyron et de la Haute-Garonne, qui ont répondu à l'appel à la mobilisation lancé par le DJ Jymmy Santovito, alias Jim-X. Un chiffre de participation qui ne reflète qu'en partie leur "ras le bol" car beaucoup n'ont pas pu effectuer le déplacement jusque dans la préfecture tarnaise.

Jim-X est un DJ tarnais, qui exerce sur toute l'Occitanie : il s'est déclaré excédé par le régime "2 poids 2 mesures" infligé par les pouvoirs publics aux professions du monde de la nuit.

Même les fêtes de village

Sa colère est partie d'un simple constat : des lieux de spectacle (comme les salles de cinéma), et des "bars-musicaux" qui voient des dizaines de fêtards se presser sur les pistes de danse - ont été autorisés à rouvrir depuis le lundi 22 juin; dans le même temps les discothèques, boîtes de nuit, clubs libertins, mais aussi les fêtes associatives et même les bals de villages, sont toujours sous le coup d'une interdiction.

Les préfets du Gard et de l'Hérault ont pris des arrêtés pour autoriser les fêtes votives et les bals de village se déroulant en journée; pourtant la préfète du Tarn ne veut toujours pas leur emboîter le pas et nous le regrettons.

Bernard At vice-président délégué des Festivals, Carnavals et Fêtes de France - FCF.

L'action de ce mercredi était judicieusement baptisée : "les griffes de la nuit".

La colère ne signifie pas pour autant l'imprudence. DJ Jim-X, organisateur de cette manifestation, a tenu à adresser à tous les participants un rappel des mesures sanitaires à respecter :

  • venez avec vos masques et appliquez les gestes barrière au maximum
  • si vous avez des masques et du gel en stock, vous pourrez les déposer au barnum : nous en donnerons à ceux qui n'en n'ont pas.
  • faites vous plaisir dans les vêtements, panneaux, affiches, pancartes !
  • venez avec un esprit positif : nous ne sommes pas des fouteurs de trouble
  • venez motivés
  • pensez à la chaleur 33°C pas d'ombre : équipez-vous de casquette, ombrelle, de quoi s'hydrater

Tour à tour des représentants des diverses professions concernées ont pris la parole au micro, pour décrire leur situation et leurs difficultés.

Le monde de la nuit regroupe des professions très variées : animateurs, musiciens, magiciens, techniciens... Interdits d'exercer leur activité, des milliers d'emplois sont menacés, mais aucun représentant syndical n'est présent pour nous soutenir. Cependant, des députés de plus en plus nombreux ont décidé d'interroger le gouvernement sur notre situation à l'Assemblée Nationale : nous espérons par cette action provoquer une prise de conscience.

DJ Jim-X organisateur des "griffes de la nuit."

Même si beaucoup de participants sont venus avec leur tenue ou leur matériel de spectacle, pas question de musique ou de numéros sur la place publique : les manifestants n'avaient pas le coeur à la fête.

 

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