Cette semaine le Parlement européen se penchera sur une proposition de loi qui pourrait impacter des millions d'automobilistes. Portée par la députée écologiste Karima Delli, cette loi vise à changer les règles du permis de conduire et veut imposer un renouvellement du permis tous les 15 ans après des tests d'audition, d'ouïe et de réflexes.

Est-ce la fin du permis de conduire à vie ? À partir du mardi 27 février, les députés européens vont peut-être voter une modification des règles du permis de conduire. Un projet de loi proposé par la députée écologiste Karima Delli.

Si cette loi est adoptée par le Parlement européen, le permis de conduire ne sera plus attribué à vie, il faudra repasser une visite médicale tous les quinze ans pour le renouveler. Objectif : s'assurer des capacités des automobilistes à prendre le volant en leur faisant passer des tests d'audition et de vue mais également pour contrôler leurs réflexes. 

Des automobilistes partagés

Ce dispositif existe déjà dans de nombreux pays européens. La France est l'un des derniers à délivrer un permis de conduire à vie, les réactions du coup sont très partagées. Comme nous l'avons constaté à Albi. 

Pour nous les jeunes je ne vois pas l'intérêt si on est en bonne santé et que l'on a un médecin traitant, je ne vois pas l'utilité. Pour les personnes très âgées, je comprends un peu plus en revanche.

Un automobiliste albigeois

Un autre conducteur est plus radical "Si on a le permis à 18 ans et qu'on doit repasser une visite médicale à 35 ans, si en plus c'est obligatoire, je trouve ça rude". D'autres en revanche sont plus disposés à rendre leur permis si la visite médicale n'est pas concluante. "Je pense que c'est bien. Si je ne peux plus conduire j'achèterai un vélo", relativise cette conductrice plus âgée. 

Avant de se voir retirer son permis pour inaptitude, les auto-écoles proposent déjà des remises à niveau pour les conducteurs. 

20 640 tués sur les routes de l'UE en 2022, objectif 0 en 2050

Ce projet de loi vise à réduire le nombre de tués sur les routes européennes. En 2022, 20 640 personnes avaient trouvé la mort dans un accident de la route dans l'Union européenne. D’ici 2030, l’objectif est de diviser ce nombre par deux et d’atteindre le chiffre symbolique de 0 mort en 2050 comme l’a rappelé Karima Delli dans son rapport.  

"Alors que l’Union Européenne doit atteindre l’objectif dit "Vision zéro" d’ici à 2050 et qu’elle est en retard sur celui-ci, des mesures fortes et contraignantes doivent être prises pour lutter contre les accidents de la route au cours des prochaines années", précise Karima Delli dans son rapport. 

Cette proposition de loi sera débattue dès ce 27 février 2024 au Parlement européen.