A Lavaur près de Toulouse, 2 cèdres majestueux plus que centenaires vont disparaître.

Les 2 cèdres du jardin de l'évêché de Lavaur avant l'abattage / © Robin Doreau / FTV
Les 2 cèdres du jardin de l'évêché de Lavaur avant l'abattage / © Robin Doreau / FTV

Ils agrémentaient le jardin de l’évêché de Lavaur (Tarn). Leur côté majestueux faisait qu'ils étaient devenus un emblème, l’une des cartes postales de la ville. 2 cèdres magnifiques rongés par des champignons seront abattus ce mercredi et ce week-end. Un pan du patrimoine vauréen va disparaître. 

Par Benoît Roux

Beaucoup d’habitants ou visiteurs de Lavaur (Tarn) ont forcément des souvenirs avec eux. Un parc, à l’anglaise, juste à côté de l’imposante cathédrale, avec 2 cèdres conséquents. Quel couple fraîchement marié n’a pas été tenté d’immortaliser ce moment au pied du tronc ? Quel enfant, quel élève du lycée voisin n’a pas été attiré par l’ombre et la tranquillité qu’offraient le port magnifique de l’arbre et ses nombreuses charpentières étagées ?  D'ailleurs ce mercredi matin au moment de l'abattage de l'un des deux arbres, le maire et certains de ses administrés étaient là. Le fondateur du Groupe National de Surveillance des Arbres Thomas Brail s'était invité.

Coup de foudre

Ce patrimoine végétal aujourd’hui endommagé ne sera bientôt plus qu’un souvenir. La faute aux champignons lignivores qui ont atteint le cœur des 2 cèdres, formant une plaie ouverte. La ville avait demandé un rapport sur l’étendue des dégâts à l’ONF. Le résultat est tombé hier matin. Il fait état d'un niveau 4 de dangerosité : il faut abattre les arbres dans les plus brefs délais. "Un crève-coeur" selon Bernard Carayon, le maire de la ville. Déjà en janvier 2018, l’un des 2 cèdres avait été frappé par la foudre, occasionnant la chute d’une des plus belles branches. Se posait alors la question de la capacité de survie de l’arbre qui fait près de 6 mètres de circonférence.

Un pan d’histoire

Au XIVème siècle, Lavaur devient siège épiscopal. Sur l’actuelle place du Palais, les évêques  font édifier un bâtiment pour leur résidence. Quelques siècles plus tard, le palais est agrémenté de potagers et autres jardins d’ornements. Tout ceci sera vendu lors de la Révolution. En 1852, la ville en devient propriétaire. Ce que l'on appellera plus tard le Jardin de l’évêché, devient alors une jardin à l’anglaise et c’est certainement à cette époque que les cèdres ont été plantés.

Auprès de mon arbre, je vivais...

Le plus gros des 2 cèdres a été élagué et décapité ce mercredi par une entreprise tarnaise. Auparavant, le militant écologique Thomas Brail est intervenu pour défendre les 2 arbres et poser un second diagnostic. Quelques instants plus tard, il se rend lui même à l'évidence : on ne peut pas sauver ces arbres, même en faisant un haubanage pour soutenir des branches.
Un constat partagé par le maire Bernard Carayon :

Il faudrait que je sois fou à 12 jours des élections municipales de la ville où je suis candidat  pour couper ces arbres si je n’avais pas la conviction absolue qu’il s’agissait d’une question de sécurité absolue.

 
Un abattage pour beaucoup douloureux mais souvent nécessaire. Il y a à peine un an, un maronnier centenaire avait blessé trois enfants dans la cour d'une école primaire du Tarn et Garonne en tombant. 
 

Le fondateur du Groupe National de Surveillance des Arbres Thomas Brail a obtenu du maire de la ville que 5 mètres environ du tronc restent enracinés pour être sculptés plus tard. Quant au deuxième arbre, il sera abattu ce week-end et une partie du tronc sera également conservée. Des morceaux d'arbres ont été distribués aux habitants. Les Vauréens et autres amoureux des arbres ont donc encore quelques heures à passer au pied de leur arbre où ils ont certainement vécu heureux. 

 

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