PORTRAIT. Tarn : assistante familiale depuis 10 ans, Brigitte parle de son métier avec véracité et amour

Brigitte Peyre est assistante familiale depuis 10 ans dans le Tarn et accueille à son domicile 3 enfants."C’est difficile, du 24h/24 mais c’est un beau métier". Cependant, le secteur peine à trouver ces bras si précieux, le département du Tarn recherche 20 professionnels pour des CDI.

Tarn - Brigitte, assistante familiale à son domicile avec Sarah, 8 ans. La fillette est arrivée chez Brigitte à l'âge de deux ans.
Tarn - Brigitte, assistante familiale à son domicile avec Sarah, 8 ans. La fillette est arrivée chez Brigitte à l'âge de deux ans. © TFV

Sarah a 8 ans. Elle est arrivée chez Brigitte Peyre à l’âge de deux ans. "Elle m’appelle mamie, comme mes petits-enfants", explique Brigitte, "mais elle sait que je ne suis pas sa maman".

Comme Sarah, ils sont 465 enfants placés dans le Tarn pour à peine 270 assistants familiaux. Le métier, peu valorisé, n'attire pas de candidats. Pourtant, le Conseil départemental cherche à recruter 20 assistants familiaux.

Il y a de plus en plus d’enfants en difficultés qui ont des ordonnances de placement, les assistants familiaux partent à la retraite et ils ne sont pas forcément remplacés. Le métier n’est pas très connu et il faut le valoriser.

Mélanie Andrieu, référente professionnelle assistants familiaux - Conseil départemental du Tarn

Brigitte, elle, souhaite comme ses confrères et consœurs qui ont récemment manifesté, accéder à une revalorisation salariale et bénéficier de meilleures conditions de travail.

Oui, c’est un métier très difficile, très prenant, mais quand la famille d’accueil est bien, l’enfant est bien.

"Quand on arrive à ce qu’un enfant soit heureux, elle est là la gratitude"

Brigitte était éducatrice spécialisée à Paris. Il y a plus dizaine d’années, après le décès de sa mère, elle est revenue vivre à Graulhet dans le Tarn pour s’occuper de son père et lui éviter ainsi le placement en maison de retraite. Une amie lui a parlé du métier d’assistant familial et l’idée de pouvoir rester à la maison tout en s’occupant d’enfants l’a séduite "au lieu d’avoir 30 personnes à m’occuper, là je pouvais garder un, deux ou trois enfants. Des enfants qui ont besoin d'être aidés, qu’on les soutienne. J’ai toujours été attirée par les métiers dans l’aide, l’entre-aide et j’ai ainsi postulé pour devenir assistante familiale."

Aujourd’hui, Brigitte accueille à son domicile trois enfants âgés de 7, 8 et 17 ans.

Un métier très prenant, du 24 heures sur 24...

Pour faire ce métier, explique Brigitte, il faut que toute la famille soit partie prenante. "J’ai posé la question à mon père et à mes enfants, même si ils ne vivent pas là ils sont impliqués par mon travail. C’est du 24 heures sur 24. Quand je vais sur la Côte d’Azur, ils viennent avec moi, on fait les anniversaires, les fêtes, vraiment il fallait que tout le monde soit d’accord pour que je puisse le faire".

Brigitte a passé des entretiens psychologiques pour accéder à ce métier et est en lien permanent avec un référent des services du Conseil départemental du Tarn, qui gère le placement d’enfants.

"C’est un métier très prenant, c’est aussi une rencontre avec l’enfant, c’est du 24 heures sur 24 et si on a pas les familles relais pour nous soulager c’est difficile. Les deux filles que j’accueille partent un week-end par mois dans une autre famille d’accueil. Cela me permet de souffler de penser à ma vie de femme et à ma famille", précise l'assistante familiale.

Aujourd'hui, le métier n’attire pas forcément et le Conseil départemental du Tarn peine à recruter et à remplacer notamment les départs à la retraite. Les services spécialisés recherchent actuellement 20 assistants familiaux.

"C’est un métier pas forcément connu et que l’on a besoin de valorise. Si l’assistant familial part en vacances avec les enfants il ne pose pas de jours de congés. En revanche, s'il souhaite en poser, notre travail c’est de chercher des solutions d’accueil relais pour les enfants qu’il accueille à titre permanent, il faut que ce soit cohérent et pertinent avec le projet de l’enfant. On arrive à trouver des solutions relais mais il manque de professionnels pour répondre à tous les accueils en attente de solutions", explique Mélanie Andrieu.

...mais un beau métier

"On fait partie d’une équipe, mais le métier n’est pas assez valorisé", selon Brigitte. Il souffre notamment d’un problème d’image :

On pense aux Thénardier, quand on pense famille d’accueil d’avant où on avait dix, quinze enfants. Il faut savoir que c’est un métier très cadré, on est très suivi, les référents professionnels interviennent souvent. C’est un beau métier, on donne beaucoup mais on reçoit beaucoup, beaucoup d'amour.

Brigitte explique que le plus important dans la relation avec l’enfant est d’installer la confiance.

"La première chose que je dis quand j’accueille un enfant, c’est qu’ici ce n’est pas une prison, la porte est toujours ouverte. Quand ils arrivent ici les enfants sont en colère. Ils ont un conflit de loyauté avec les parents et ne veulent pas se permettre d’être heureux dans une famille d’accueil, il a peur de trahir ses parents. Moi, je les mets à l’aise, je ne suis pas là pour remplacer les parents et je travaille avec les parents, c’est très important travailler avec les parents".

Brigitte ne cache pas les difficultés liées à sa profession, un métier très prenant et énergivore. Mais elle dit ne rien regretter :

C’est difficile mais il nous renvoie beaucoup d’amour. Quand on arrive à ce qu’un enfant soit heureux et qu’il le verbalise, la gratitude elle est là. D’avoir sorti un enfant de sa chape de plomb qui l’étouffe et qui l’empêche de vivre, bref, qu’il soit heureux comme un autre enfant.

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