Procès de l'infanticide de Gaillac : “Vous trouvez ça digne, de vous renvoyer la balle ?”

Le palais de justice d'Albi. / © Emilie Cayre/MaxPPP
Le palais de justice d'Albi. / © Emilie Cayre/MaxPPP

Mardi 12 novembre 2019, premier jour du procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot pour violences ayant entraîné la mort d'Amine, 12 mois, en janvier 2017 à Gaillac, la question de leurs responsabilités respectives a été largement évoquée. 

Par Marie Martin

Durant cette première journée d'audience, mardi 12 novembre 2019, la cour d'assises du Tarn a tenté de comprendre ce qui avait pu "amener" à la mort d'Amine, 12 mois, découvert sans vie le 17 janvier 2017, au domicile de sa mère à Gaillac (Tarn).

Amine a été retrouvé décédé, ce matin du 17 janvier 2017, par les intervenants du SAMU, dans un appartement du centre ville de Gaillac. Il est en arrêt cardiaque mais les secours, eu égard à la famille sur place, pratiquent un massage cardiaque sur l'enfant. En pure perte et sans espoir. Amine est mort.

Qu'est-il arrivé à cet enfant ? Rapidement, l'enquête révèle des anomalies. Des plaies, des bosses, des contusions. Mais qui en est responsable ? 
Mickaël Taboulot et Elisa Delga nient tout acte de violence. Et se renvoient  la responsabilité de ces violences. Durant toute l'instruction, ils parlent de traces de coups vues sur le corps de l'enfant mais nient avoir vu aucune violence.
Jusqu'à ce 4 juillet 2017, où tout à coup, selon les mots du président, Elisa Delga accuse Mickaël Taboulot de violences. Six mois après la mort d'Amine.

"Il faut assumer, Madame"

Le président s'étonne : "Vous attendez le 4 juillet, alors que vous êtes en prison depuis fin janvier, pour le dénoncer et jusque-là, vous racontez des salades à tout le monde ?"
"Pas sur tout", plaide Elisa Delga.
"Sur l'essentiel, Madame", lui répond le président. Avant de lui rappeler qu'elle est allée à la salle de sport alors que son enfant était couvert d'ecchymoses. "N'aviez-vous rien de mieux à faire ?", demande-t-il. 
"Si. Aller chez le médecin. Ou aux urgences". 
Le président : "On va lui remontrer les photos. Il faut assumer, Madame..."

"Vous me parlez du bien du petit ?"

Aux questions de M. le président, Mickaël Taboulot a répondu. Comme il le pouvait. Et il peut peu. Il prétend qu'Elisa lui a demandé de dire qu'il avait appelé le Samu. Elle, dit qu'elle le lui a demandé et qu'elle a cru qu'il l'avait fait. "C'est elle qui m'a demandé de mentir. Pour le bien du petit".
Le président : "Il est mort, le petit. Et vous me parlez du bien du petit ?!!  On va d'énormité en énormité. Vous comprenez qu'on ne comprenne pas ?"
Et de poursuivre : "Est-ce que vous trouvez ça digne de vous renvoyer la balle ? L'un et l'autre, quoi que vous ayez fait, vous saviez dans quel état l'enfant était..."

 

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