Témoignage. "Cessez immédiatement d'utiliser votre voiture". Le calvaire d'une mère de famille suite à une campagne de rappel catastrophique de Citroën

Publié le Écrit par Apolline Riou

Une mère de famille du Tarn s'est retrouvée du jour au lendemain, dans l'incapacité d'utiliser sa voiture. En cause, le rappel de centaines de milliers de véhicules par Citroën, pour des airbags défectueux et dangereux. Une situation ingérable au quotidien, pour cette habitante du Tarn.

Julie vit dans le Tarn. Elle a 39 ans, deux enfants à charge et, depuis quelques semaines, plus de voiture. Sa Citroën C3 est toujours chez elle, mais elle ne peut pas s'en servir. Au risque de se mettre en danger. Elle se désole : "Je n'en peux plus. Il faut qu'on trouve une solution." 

Un rappel urgent sans solutions

Citroën a rappelé, jeudi 16 mai 2024, plus de 600 000 voitures, dans une vingtaine de pays, dont presque 250 000 en France. Des C3 et des DS3, modèles produits entre 2009 et 2019 qui ne sont plus commercialisés mais concernés par un problème d'airbag. Le porte-parole de la marque évoque "la détérioration du gaz" contenu dans les airbags, "qui vieillit au cours des années".

Des courriers ont été envoyés par Citroën aux propriétaires des véhicules concernés, leur indiquant de "cesser immédiatement" d'utiliser leur voiture, afin d'éviter le risque de "blessures graves, voire mortelles"

Le 4 mai, Julie reçoit les indications à suivre : s'enregistrer sur un site dédié, pour obtenir un code, qu'elle doit ensuite transmettre à un concessionnaire sélectionné lors de l'enregistrement. Julie effectue ces étapes, sans problème, mais c'est une fois le concessionnaire contacté que, pour elle, ça coince. "Ils ont pris mon nom, ma plaque d'immatriculation et m'ont dit qu'ils me rappelaient, raconte-t-elle. Personne ne m'a rappelé."  Julie insiste et tente de les joindre chaque jour, sans succès. 

"Ce n'est pas gérable" 

Pendant ce temps sa voiture dort devant chez elle. "Je travaille à plus de 15 kilomètres de mon domicile. Il y a des bus, mais les horaires sont contraignants et il me faudrait marcher plus d'une demi-heure, soupire-t-elle. Avec mes deux enfants, ce n'est pas gérable." 

Même si Julie était tentée d'outrepasser le risque et d'utiliser tout de même sa voiture, elle ne le peut pas. Car une fois le recommandé de Citroën signé, son assurance ne la couvre plus. "J'ai une voiture qui ne me sert à rien, que j'ai acheté en 2018 et que je ne peux pas utiliser. On me met au pied du mur du jour au lendemain", soupire-t-elle. Pourtant, le concessionnaire lui ayant vendu sa voiture était au courant du problème. Julie n'aura jamais été alertée et se sent escroquée.

Actuellement, elle se débrouille, s'arrange avec ses voisins, sa mère et a dû poser quelques jours de congé, mais pour elle "ce n'est pas tolérable". 

Un quotidien bouleversé 

Julie fait partie d'un groupe Facebook, de presque 900 personnes qui, comme elle, sont démunies face à cette situation : "On est beaucoup dans la même galère." La mère de famille a tenté de joindre le siège français de Citroën, en région parisienne, en vain. 

Elle craque : "J'ai les boules. Parfois, la nuit, j'ai envie de descendre au garage Citroën et de tout faire exploser. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir, avoue-t-elle, des sanglots dans la voix. Je n'ai pas l'argent pour louer une voiture, je suis dépassée par la situation." 

Contacté par France 3 Occitanie, Citroën n'a pas donné suite à nos sollicitations. 

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