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Exposition à Castres : Combes, ce Tarnais petit père de la laïcité

Emile Combes a été plusieurs fois ministres lorsqu’il devient président du Conseil en juin 1902 / © DR Bibliothèque Nationale de France
Emile Combes a été plusieurs fois ministres lorsqu’il devient président du Conseil en juin 1902 / © DR Bibliothèque Nationale de France

Du 19 mai au 15 octobre 2016, avec la grande exposition « Le Petit Père Combes, un Tarnais dans la IIIe République », Emile Combes (1835 – 1921) est mis à l’honneur à Castres par le Centre national et musée Jean Jaurès.

Par Christophe Chassaigne

C'est une exposition essentielle au moment où les responsables religieux remettent souvent en cause les principes laïcs de la république française. Elle retrace le parcours étonnant d’un ancien séminariste qui sera le premier opposant du pape.

Emile Combes a été plusieurs fois ministre lorsqu’il devient président du Conseil en juin 1902. Il a soixante-sept ans et n'est encore qu'un personnage politique de second plan. Pourtant aucun autre chef de gouvernement n’aura une telle influence sur l’orientation laïque de la République Française et surtout aucun autre ne provoquera de tels mouvements dans l’opinion, dressant les catholiques et conservateurs contre les laïcs et les progessistes. Adulé ou détesté, il quitte le pouvoir en janvier 1905 en ayant mis la séparation de l'Église et de l'État sur les rails.

L’ennemi de Pie X

A l’orée du XXème siècle, les relations entre les gouvernements Français de la IIIème République et le Vatican se dégradent du fait de l’intransigeance du nouveau pape Pie X qui ne supporte pas les gouvernants républicains, rationalistes et positivistes. Leurs principes politiques valorisent le progrès social, la science, l’activité économique, l’éducation et visent à combattent l’ignorance et l’obscurantisme. Mais surtout ces gouvernants modernes veulent réduire l’influence du Vatican sur les sociétés démocratiques et l’exclure de la vie politique. Le gouvernement Combes finit par rompre les relations diplomatiques avec le Vatican Le 29 juillet 1904.
© DR Musée Jean Jaurès
© DR Musée Jean Jaurès
Les caricaturistes représentent alors Emile Combes en action, francisque levée pour trancher les liens qui relient la démocratie française et le Saint-Siège, éclairé par les lumières du franc-maçon Voltaire. Marianne tend la corde et redoute la séparation avec un pape opulent et tout puissant.


Religion, philosophie et politique

Emile Combes nait en 1835 à Roquecourbe dans une famille très catholique. Son père, lainier et cabaretier, est pauvre. C’est donc l’oncle et parrain du jeune Emile qui prend en charge son éducation ainsi que celle de son frère Philippe. L’abbé Gaubert les envoie au petit séminaire de Castres puis au grand séminaire d’Albi. Philippe commence sa carrière de maître d’école dans un village proche de Roquecourbe avant de partir enseigner à Saïda en Algérie où il sera élu maire.

Emile suit l’exemple de son aîné : il devient professeur de philosophie à l’école de l’Assomption de Nîmes et rédige deux thèses sur Saint Thomas d’Aquin.  Il obtient alors la chaire de rhétorique à l'institution diocésaine de Pons en Charente-Maritime. En 1862, il se marie avec Angèle-Maria Dussaud et abandonne l'enseignement pour faire médecine à Paris. Diplômé en1868, il installe son cabinet à Pons et rejoint une loge maçonnique du Grand Orient.  

Elu maire de Pons huit ans plus tard puis sénateur radical-socialiste en 1885, Emile Combes siège sur les bancs des progessistes et préside le groupe parlementaire de la gauche démocratique avant d'entrer au ministère de l'Instruction publique en 1895.
© DR Musée Jean Jaurès
© DR Musée Jean Jaurès


La séparation des églises et de l’Etat

En juin 1902, le président Loubet lui demande de former un gouvernement. Emile Combes garde le ministère de l'Intérieur et des cultes et se montre intransigeant envers les congrégations religieuses qui rejettent l’éducation républicaine : plusieurs milliers d'établissements d'enseignement confessionnels sont fermés.

La réflexion humaniste de Combes, qui fait référence à Montesquieu, Voltaire ou Diderot, connaît les théoriciens de l’Eglise et la plupart des philosophes. Inspiré par Erasme, Spinoza et Descartes, il met au premier plan l’exercice de sa raison et s’interroge sur la pertinence des religions révélées ou sur le lien entre beauté et vérité.  Dans « La Revue Contemporaine », Combes s’interroge sur l’art, l’éducation et les politiques à conduire pour émanciper la population française. Grand inspirateur de la Loi du 9 décembre 1905 dite "de Séparation des églises et de l’Etat", il ne fera pas partie de ses principaux rédacteurs (Elysée Reclus, Aristide Briand, Ferdinand Buisson).

Pour son biographe, Gabriel Merle : "Emile Combes ne démolit certes pas l’Eglise, mais il la montre comme un carcan qui vous enserre, et empêche l’expansion maximale de l’individu." Jusqu’à la fin de sa vie, le sens du sacré n’a jamais quitté Emile Combes qui disait avoir conservé la foi mise au service du progrès de l’humanité.

© DR Musée Jean Jaurès
© DR Musée Jean Jaurès

La grande exposition « Le Petit Père Combes, un Tarnais dans la IIIe République », Emile Combes (1835 – 1921) à voir du 19 mai au 15 octobre 2016 au Centre national et musée Jean Jaurès à Castres (Tarn).

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