Animaux : une histoire de caprins sauvages rend chèvre un village du Tarn

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Écrit par Benoît Roux

Depuis plusieurs jours, des chèvres ensauvagées du Tarn font la une des journaux. Elles seraient une centaine, en pleine nature sur la commune de Montredon-Labessonnié. Le maire a pris un arrêté pour les abattre afin qu'elles cessent de faire des dégâts. La fondation Bardot vient à leur secours. 

C'est une petite ville de 2 000 habitants située au nord de Castres : Montredon-Labessonnié. La commune la plus étendue du Tarn, son observatoire planétarium et désormais ses chèvres ensauvagées. La presse locale a fait part de leur sort, désormais la presse nationale comme Libération s'est aussi emparée de l'histoire. Une centaine de chèvres donc, passées hors contrôle de leur propriétaire, qui se reproduisent et font des dégâts dans les sous-bois de la vallée de l'Agout. 

Les chèvres sèment la zizanie

Peu les ont vues, beaucoup en parlent. Des commerçants ironisent sur cette actualité suivie sur Face-Bouc ! Le fait est que les chèvres de Montredon-Labessonnié sèment la zizanie. Des dégâts dans certains potagers, mais surtout dans les sous-bois. C'est le cas aussi sur l'exploitation de Marc Rolland, éleveur ovin. "Les propriétaires forestiers du coin, où elles sont, situés sur les contreforts de la vallée de l’Agout se plaignent énormément. Tout est dégradé dans les bois, il ne reste que les arbres qui font plus de 15 à 20 cm de diamètre. Pour les sous-bois, les buissons, le houx, les petits chênes, tout est détruit. C’est un désastre !"

Des nuisances au niveau de la végétation auxquelles s'ajoutent aussi celles de la préservation des races. Le quotidien Libération nous apprend que ces chèvres de race alpine ont été introduite par un couple d'éleveurs en 2009 reparti depuis s'installer en Ariège mais en abandonnant les caprins sur place. Des chèvres qui se sont reproduites, pour atteindre une centaine d'éléments aujourd'hui, avec plusieurs boucs. Des mâles qui pourraient venir saillir des chèvres d'une autre race et faire perdre l'authenticité d'un cheptel certifié "race des Pyrénées" par exemple. 

Le maire prend un arrêté brutal

Face aux plaintes mais aussi aux témoignages de promeneurs ou chercheurs de champignons "effrayés" (sic) par l'animal, le maire de la commune a pris ses dispositions. Jean-Paul Chamayou a publié un arrêté qui stipule que "pour des motifs de sécurité publique et de santé animale, l'abattage de 100 chèvres environ est ordonné."

Une mesure radicale qui a hérissé le poil des défenseurs des animaux. "Il faut mettre un terme à ces problèmes de sécurité et de santé publique", répond l'édile. La commune avait tenté auparavant de capturer les animaux en les attirant avec du maïs mais sans succès. Plusieurs habitants ont proposé également de recueillir une chèvre chez eux mais évidemment ce n'est pas aussi simple. Alors le 18 mars, le maire est revenu un peu sur ses positions. Il a écrit à la Fondation Bardot. 

La Fondation Bardot en secours

Christophe Marie est le porte-parole de la fondation. "Face au battage médiatique, le maire a révisé sa position. Il a appris que la fondation pouvait intervenir. Nous le faisons actuellement dans les Bouches-du-Rhône, sur un cheptel plus vaste. Nous lui avons répondu ce lundi 21 mars que nous sommes d'accord pour étudier la question."

La partie n'est pas gagnée pour autant car il faut d'abord étudier le terrain et voir comment intervenir. "Souvent, nous rassemblons une partie du troupeau dans des enclos grâce à des chiens de berger. Ensuite nous castrons les mâles et on les remet dans leur milieu. Pour les chèvres, nous tentons d'en capturer le plus possible. Nous les plaçons ensuite dans des refuges que nous avons un peu partout. Le temps ensuite de leur trouver un ou plusieurs propriétaires. "

La Fondation va solliciter le maire dès la semaine prochaine. Mais il faudra du temps pour commencer à régler la situation. Les animaux doivent être prélevés, placés en quarantaine, vérifier l'aspect sanitaire. Ils ne peuvent pas être introduits dans un premier temps chez des éleveurs caprins pour éviter toute contamination... Une vraie histoire à devenir chèvre.