Tarn : 150 couturières en renfort dans l'atelier Missegle pour confectionner des masques tricotés

L'atelier Missegle à Burlats (Tarn) a converti ses métiers à tricoter pour confectionner des masques grand public en tissu. 150 couturières ont répondu à son appel pour venir en renfort de cette action de solidarité : une partie du prix de vente est reversée à la recherche médicale.

L'atelier Missegle produit 4 000 masques tricotés par jour, et 150 couturières bénévoles leur ajoutent les élastiques.
L'atelier Missegle produit 4 000 masques tricotés par jour, et 150 couturières bénévoles leur ajoutent les élastiques. © Nicolas Bonduelle / FTV
A Burlats dans le Tarn, depuis plus d'un mois l'entreprise de couture Missegle s'est lancée dans la confection de masques en coton, conçus pour apporter une protection optimale contre les risques de contamination au Covid-19.
Spécialisée au départ dans les chaussettes, pulls, gilets et autres écharpes, la PME implantée à 5 km de Castres, au coeur du Sidobre, a converti aujourd'hui pas moins de dix de ses métiers à tricoter pour produire des masques en 3D, tricotés sans couture.
Ils étaient au départ composés d'un alliage de coton et de seacell, une fibre composée de poudre d'algue, et désormais également en tissu double-couche en coton.

La qualité pour la sécurité

Leurs deux bandes tricolores, bleu-blanc-rouge de chaque côté rendent ces masques barrières anti-projections éminemment reconnaissables.
La réactivité de l'entreprise a été telle qu'elle a été associée à la mise au point de la norme AFNOR (SPEC S76-001) pour les masques en tissu réutilisables destinés au grand public.
Mieux encore : l'armée - en l'occurence la Direction Générale de l'Armement (DGA) - les a testés et leur a décerné la catégorie 1, la plus haute qualité pour ce type de masques.
D'une production de quelque 500 masques par jour à partir du lundi 26 mars, Missegle n'a cessé de développer les branches de son activité : depuis le 2 avril les masques représentent 90% de sa production et il en sort 4 000 par jour de l'atelier.
La société croule sous les demandes : elle ne s'attendait pas à un tel succès, et c'est pour elle un vrai défi de répondre à toutes les commandes.

Dès le premier jour ça a été vraiment l'explosion : pour répondre à la demande de 10 000 ou 20 000 masques il a fallu déclencher le plan "ORSEC" pour adapter les machines

comme le raconte sa directrice et fondatrice Myriam Joly, dans son "journal de bord".
Dans la foulée elle a dû lancer un appel aux bonnes volontés : en quelques semaines, ce ne sont pas moins de 150 couturières qui y ont répondu pour venir en renfort, principalement pour coudre les élastiques, un par un à chaque masque.
Ces élastiques, c'est au Portugal qu'il a fallu aller les chercher : une véritable odyssée. L'atelier Missegle a décidé de reverser 1€ sur la vente de chaque masque au profit de la recherche médicale : ce jeudi 23 avril la somme récoltée s'élève déjà à plus de 148 000 Euros !
L'histoire est belle, à tel point que pour son initiative solidaire, Myriam Joly a eu droit à son heure de gloire : figurer dans la rubrique "destins de femmes" à la une du magazine "Gala", aux côtés de sa majesté Elizabeth II Reine d'Angleterre.
 
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