Toulouse : un dispositif d'hébergement provisoire d'urgence pour qu’aucun étudiant ne soit à la rue

L'Association Générale Étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP) lance pour la prochaine rentrée un dispositif de logement d’urgence pour les étudiants sans hébergement. Une solution provisoire afin d'aider ceux à Toulouse qui seront sans réel toit à la reprise des cours en septembre.
Cautions, garants, loyers trop élevés : en Midi-Pyrénées, les étudiants sont nombreux à connaître des difficultés pour trouver à ce loger.
Cautions, garants, loyers trop élevés : en Midi-Pyrénées, les étudiants sont nombreux à connaître des difficultés pour trouver à ce loger. © MaxPPP

La réalité est alarmante. À la rentrée, trouver un logement à Toulouse pour un étudiant s'avère souvent un véritable casse-tête. Nombreux sont ceux à reprendre les cours sans véritable hébergement.
Pour faire face à ce problème l'Association Générale Étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP) lance pour septembre un dispositif de logement d’urgence.

L'idée est simple : mettre en relation des étudiants avec "des hébergeurs disposant, en fonction de leur logement, d’un lit, d’un canapé, d’une chambre à prêter pour une durée déterminée." Le temps de trouver la location adéquate. L'accueil n'est que provisoire -"d'une nuit à deux mois en fonction de ce que décident l'hébergeur et l'étudiant" précise Sylvie Favresse chargée de mission affaires sociales au sein de l'AGEMP - et n'est pas forcément gratuit. Une compensation financière pouvant être demandée par le logeur. En revanche "pas d'hébergement en échange de travaux à la maison".

Prix élevés, cautions, garants freinent les locations

"La rentrée pour les étudiants est souvent compliquée. 54 % des 18-25 ans ont des difficultés à payer des charges liées à leur logement, avance Sylvie Favresse. Les freins à l'accès au logement pour les étudiants sont nombreux : les prix, les problèmes de garants, les cautions d'un à deux mois de loyer à avancer souvent infaisables." Autant d'obstacles qui s'ajoutent à un marché de l'immobilier tendu.

Selon les chiffres de la plateforme LocService, Toulouse appartient au top 20 des villes étudiantes où il fait cher se loger : il faut compter un budget moyen de 486 euros par mois, dans le marché locatif privé, pour habiter la ville rose. 

Ce dispositif solidaire est inspiré d'une initiative intitulée "Un lit pour la nuit" déployée l'an passé à Angers (Maine-et-Loire) par une autre association étudiante.

Recherche bénévoles

L'Association Générale Étudiante de Midi-Pyrénées cherche actuellement une trentaine de bénévoles prêts à donner de leur temps, quels que soient leurs âges "afin de faire le lien entre hébergeurs et étudiants, en envoyant mails et documents" (pour ceux intéressés cliquer ici).
Viendra ensuite le moment de trouver des personnes prêtes à ouvrir leurs portes. Une étape qui pourrait s'avérer plus difficile que prévu en raison des craintes suscitées par le covid. Quoi qu'il en soit, le dispositif devrait être opérationnel d'ici la mi-août.

Ce projet pourrait s'avérer d'autant plus crucial cette rentrée, que la précarité s'est encore accrue chez les étudiants. Nombreux sont ceux à ne plus avoir de "job", en parallèle de leurs cours. "Qu'il y ait ce genre de problème de nos jours, ce n'est pas normal, déplore le membre de l'association toulousaine. Que ce soit nous qui y parions, c'est même dérangeant. Mais si nous ne nous en occupons pas, personne ne le fera.".

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
université éducation société logement immobilier économie