Zones à faibles émissions : les voitures polluantes bientôt bannies des métropoles de Montpellier et Toulouse

Les métropoles de Toulouse et Montpellier doivent adopter le système de ZFE (zone à faibles émissions) avant fin 2021. Les périmètres "verts", dans lesquels seuls les véhicules les moins polluants pourront circuler, sont en cours d'élaboration. A Montpellier, des désaccords ralentissent les débats.

Rouler à bord d'une vieille voiture, cela risque de vous coûter cher dans quelques années. De nombreuses métropoles françaises se mettent au "vert". Pour améliorer la qualité de l'air, elles mènent une chasse aux véhicules jugés "trop polluants" à travers notamment les "zones à faibles émissions"(ZFE). 

En Occitanie, les Métropoles de Montpellier et de Toulouse ont été sélectionnées par le Ministère de la Transition écologique et solidaire pour mettre en place des ZFE d'ici fin 2021. Puis les interdictions de circulation s'appliqueront progressivement jusqu'en 2024.

Six vignettes crit'air pour classer le niveau de pollution des véhicules

Définies par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, ces ZFE sont des territoires dans lesquels certains véhicules, émetteurs de polluants atmosphériques, ne sont pas autorisés à circuler pendant une période donnée.

Ce sont les vignettes Crit'Air aussi appelées "Certificat qualité de l'air", qui indiquent le niveau de pollution d'un véhicule. Il existe 6 vignettes de couleurs différentes correspondant aux différents degrés de pollution des véhicules. 

72 km2 concernés dans la Métropole de Toulouse

A Toulouse, la future ZFE doit concerner environ 72 km2, principalement sur le territoire de la ville de Toulouse et une petite partie des communes de Colomiers et Tournefeuille.

Elle sera délimitée par le périphérique à l’Est, au Sud et au Nord et par la Rocade Arc-en-Ciel et le Fil d’Ariane (RD901/A621) à l’Ouest et comprendra une partie du périphérique Ouest et de l’A624.

La mise en place des restrictions doit se faire de manière progressive selon le calendrier suivant : 

Initialement prévue pour le printemps, la mise en place de la ZFE dans la Métropole de Toulouse est finalement reportée à la rentrée 2021. La Métropole de Toulouse souhaite solliciter une dernière évaluation complémentaire. 

Polémique à Montpellier, un groupe d'opposition se forme au conseil de Métropole

Du côté de Montpellier, autre Métropole qui doit mettre en place cette ZFE d'ici la fin de l'année, les modalités de mise en place sont encore floues. Des premières études ont été lancées mais le sujet, sensible politiquement, est déjà à l'origine de nombreux désaccords au sein du Conseil de Métropole.

En effet, le périmètre de la future ZFE devrait concerner la ville de Montpellier mais également les 30 autres communes de la Métropole. Au total, sur l'ensemble de ce territoire, plus de 100 000 véhicules seraient désormais interdits d'y circuler, soit environ 40% du parc automobile de l'ensemble de la Métropole. Un chiffre énorme !

En désaccord avec le président de la Métropole, Michaël Delafosse, 11 élus ont constitué un groupe d'opposition dénommé, "Liberté, Innovations, Traditions" : 

Une fois de plus, c'est de l’écologie punitive. On pénalise les pauvres, ceux qui n’ont pas les moyens de changer de véhicule. Ceux qui gagnent 1.500 euros par mois et qui roulent dans une voiture qui vaut 1.500 ou 2.000 euros, ils ne pourront pas changer de voiture. 

Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès et membre du groupe "Liberté, Innovations, Traditions"

Même son de cloche du côté du maire de Beaulieu et président de ce groupe d'opposition, Arnaux Moynier : "C’est compliqué et dangereux pour les habitants de la Métropole. Il y aurait peut être d’autres choses à faire en priorité. L’écologie prend le dessus sur l’économie, alors qu’il y a de très gros enjeux. Je suis très inquiet".

Pour l'heure, la Métropole de Montpellier n'a pas encore dévoilé son périmètre et son calendrier pour la mise en place de la ZFE. A l'approche des élections régionales, une mésentente pourrait être malvenue et fatale pour la majorité PS écologistes. Il est donc urgent d'attendre la rentrée pour aborder les dossiers qui fâchent.

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