Sandrine Mazetier : “ Anne Hidalgo est plus sensible aux problématiques sociales que Bertrand Delanoë”

Sandrine Mazetier à l'assemblée nationale / © Boris Horvat (afp)
Sandrine Mazetier à l'assemblée nationale / © Boris Horvat (afp)

Sandrine Mazetier, député PS de Paris, était l'invitée de Samedi Politique sur France 3 Ile de France, ce midi.

Par Daic Audouit


Sandrine Mazetier est un proche soutien d'Anne Hidalgo qui inaugurait ce matin, l'antenne du XV ème arrondissement de son association "Oser Paris". Elle était l'invitée de Samedi Politique sur France 3 Ile de France

Hidalgo, clone de Delanoë ?

Comment se distinguer de Bertrand Delanoë tout en assumant son héritage, tel est l'enjeu de la campagne pour la première adjointe de la mairie de Paris. Comment éviter le syndrome Baricchello, celui du numéro 2 qui ne devient jamais n°1, comme cela se vérifie en sport, en politique ou dans le monde de l'entreprise ?

"Les parcours de Bertrand Delanoë et d'Anne Hidalgo sont différents et cette différence apporte quelquechose", veut croire, la député socialiste de Paris. "Ce qui me séduit chez Anne, c'est qu'elle a été inspectrice du travail et qu'elle a une sensibilité aux problématiques sociales et aux conditions de vie des salariés, que n'avait pas forcément Bertrand Delanoë au vu de son expérience", ajoute-t-elle.

Anne Hidalgo consulte les parisiens avec son association et rendra les premières lignes de son projet au mois de mars. Quelles seront les nouveautés par rapport aux deux derniers mandats ? "Il ne s'agit pas de garder Paris et d'être dans une continuité. Ce ne serait pas conforme à ce qu'attendent les parisiens", juge Sandrine Mazetier tout en restant vague pour ne pas dévoiler avant l'heure les annonces d'Anne Hidalgo.

Pour l'instant, celle-çi est la seule candidate pour le parti socialiste. Elle souhaite des primaires au mois de juin, alors que son concurrent éventuel Jean-Marie Le Guen plaide pour octobre. "Pourquoi ce serait la volonté du seul Jean-Marie Le Guen qui primerait sur la volonté de plusieurs centaines de cadres parisiens du PS", s'interroge faussement naïve l'ancienne adjointe de la mairie de Paris. La direction nationale du PS devra trancher.

NKM fait-elle peur à la gauche ?

Comme beaucoup, Sandrine Mazetier a du mal à prononcer le nom de Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais se refuse à utiliser NKM comme on lui propose pour simplifier, car cela la rendrait sans doute sympathique.

"Candidate de troisème choix", pour Jean-Christophe Cambadélis, "candidate cache misère" pour Jean-Marie-Le Guen, "candidate conservatrice qui ne s'assume pas pour Bertrand Delanoë, l'artillerie est sortie contre la possible candidate de l'UMP. En ont-ils peur pour être si méchants ?

"Ce n'est pas une question de peur, c'est une analyse lucide du parcours de Nathalie Kosciusko-Morizet. Après, les espoirs décus mis en Borloo et Fillon, c'est chronologiquement un troisième choix. Rien de violent à cela", commente Sandrine Mazetier qui juge "que les électeurs ne peuvent être trompés par une attitude ambiguë ou de dissimulation", en évoquant l'abstention de la députée de Longjumeau sur le mariage gay.


Nathalie Kosciuscko-Morizet va devoir choisir un arrondissement pour se présenter. Certains évoquent le XII ème, arrondissement dont Sandrine Mazetier a été l'élue municipale entre 2001 et 2007, et qui se trouve sur sa circonscription législative. Attend-t-elle NKM de pied ferme ? "On a l'habitude dans le XII ème de voir passer des comètes et des météorites, on en a une collection assez considérable", faisant allusion aux passages éclairs d'Arno Klarsfeld, de Christine Lagarde ou de Jean-Marie Cavada dans l'arrondissement.

Mais eux, débutaient plus ou moins leurs carrières politiques, ce qui n'est pas le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet, plus expérimentée. Et donc peut-être plus coriace ? "Elle fera peut-être comme les autres, la main sur le coeur en promettant de s'investir dans l'arrondissement pour quelques temps plus tard abandonner la place. Ca ne trompe personne, les ambitions de Mme Kosciscko-Morizet semble être ailleurs qu'à Paris et que dans le XII ème", ironise Sandrine Mazetier, qui coche la case tremplin pour une ambition personnelle plus que celle du parachutage au bingo "NKM Bashing".  

Encore une fois, la venue de Nathalie Kosciusko-Morizet n'est qu'une hypothèse de travail. En revanche, Sandrine Mazetier, partisane du non-cumul des mandats ne devrait pas être présente même de façon symbolique sur une liste PS aux municipales de Paris.

A écouter l'interview de Sandrine Mazetier.
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Sandrine Mazetier, député PS Paris
Samedi Politiquen Sandrine Mazetier




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