Toussaint : sur internet, on est éternel... Le droit à l'oubli après sa mort reste à inventer

© After me
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Difficile de mourir, sur internet! Pour les proches d'une personne décédée, il est presque impossible de fermer ses comptes, de récupérer ses photos, ou ses données qui continuent de tourner sur le web.

Par Christian Meyze

Dans l'attente d'une hypothétique réglementation mondiale qui exigerait des plate formes par exemple, l'effacement systématique des données appartenant à une personne décédée, les internautes décédés continuent de vivre sur le web!

Sur internet, après sa mort,les données d'un internaute se retrouvent dans des limbes: on est décédé mais on reste d'une certaine façon présent, car toutes les traces qui ont documenté nos vies pendant des années, voire des dizaines d'années, restent accessibles en ligne et à disposition des acteurs chez qui on les a laissées.

Comme pour les biens physiques, pour prétendre toucher, modifier un élément virtuel comme des mails, des données, des photos un profil ayant appartenu à une personne décédée, il faut prouver qu'on est un ayant droit direct. On doit donc pouvoir fournir des justificatifs écrits. et parfois des plus inattendus, auquels en tout cas, on pense rarement de son vivant. Ainsi,pour un éventuel accès au compte "facebook" d'un proche décédé, la société "Facebook" demande au préalable un document légal prouvant que le défunt « souhaitait remettre spécifiquement ses communications électroniques entre vos mains ou celles d'un tiers ».

Mais la difficulté peut encore monter d'un cran, parce qu'on est sur le web et que l'on a affaire à des interlocuteurs souvent étrangers, qui ne relèvent pas de la même législation. Ainsi, Google exige une traduction en anglais, "assermentée et certifiée devant notaire" du certificat de décès, mais aussi l'engagement d'"une procédure judiciaire complémentaire afin de pouvoir présenter, entre autres, une ordonnance d'un tribunal des Etats-Unis", où le groupe est basé.

Chaque plate-forme décide


Et même si vous avez réussi à franchir ces étapes, à rassembler le nécessaire, Facebook ou Google préviennent qu'elles ne garantissent en aucune manière que la démarche aboutisse favorablement, insistant sur la protection de la vie privée des détenteurs de ces comptes. Parfois, pour ces sociétés, la protection de votre vie privée devient plus importante après votre décès que durant votre vie !

En réalité, Il y a bien  un flou juridique car c'est chaque plate forme qui décide, dans le cadre de ses conditions générales d'utilisation, de ce qu'il advient de ces comptes après un décès.

Alors bien sûr, il y a des sociétés qui proposent " du nettoyage" pour faire disparaître vos données numériques. Elles sont encore peu nombreuses et très discrètes. Et encore faut-il, là encore, y avoir pensé et laissé des instructions.

Des obsèques en streaming


Du coup, certains, désormais, choisissent de prendre le contre-pied! Puisque rien ne s'efface sur internet, pourquoi ne pas se servir de cette sorte d'éternité... et par exemple s'offrir des obsèques en streaming ( environ 250 euros), pour votre famille, vos proches qui justement seraient trop lointains pour y assister physiquement. Pourquoi ne pas entrer au cimetière virtuel, le cyber-cimetière (entre 50 et 200 euros par an) pour permettre à vos amis de pouvoir à tout moment venir se recueillir, vous rendre hommage.
Il est même possible, d'avoir une sépulture connectée, dotée d'un code QR (Quick Response), qui permet aux proches d'accéder, à l'aide d'une application téléchargée sur smartphone, à un florilège en photos-vidéos, textes et musiques de la vie du défunt.

Certains proposent même, suprême aboutissement, de raconter vous même votre histoire pour la diffuser après votre décès à vos proches.

En somme dans le monde virtuel où tout devient désormais possible, le plus difficile désormais reste de disparaître à jamais.


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