7 millions de tonnes d’ordures jetées en 2018 en Île-de-France, un chiffre en hausse

Des sacs-poubelle à proximité de la Tour Eiffel, en septembre 2019 (illustration). / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Des sacs-poubelle à proximité de la Tour Eiffel, en septembre 2019 (illustration). / © JACQUES DEMARTHON / AFP

L’Île-de-France a encore jeté trop d’ordures en 2018, d’après l'Observatoire régional des déchets. Les objectifs de réduction de la part allant en incinérateur ou en décharge d'ici 2020 et 2025 pourraient ne pas être tenus.

Par France 3 Paris IDF

La région parisienne peine à réduire sa masse d’ordures : la masse des déchets non dangereux a encore augmenté l’année dernière d’après l'Observatoire régional des déchets d'Île-de-France. En 2018, le total des déchets résiduels (c'est-à-dire ce qui reste dans la poubelle quand on a enlevé les déchets recyclables, voire compostables) s'est en effet élevé à 6,86 millions de tonnes dans la région. Il s'agit des déchets ménagers et professionnels.
Ce chiffre avait baissé jusqu'en 2015, avec 5,93 millions de tonnes, avant de repartir à la hausse. Une évolution qui s'explique par plusieurs facteurs, dont "la fermeture de la Chine à nos matières premières" et le fait que "beaucoup d'actions sont faites par les collectivités mais (que) le tonnage par habitant évolue peu et la population augmente" en Île-de-France, explique Blandine Barrault, de l'Ordif. "Il peut aussi y avoir la reprise économique" qui joue dans la balance, ajoute-t-elle.

« L'objectif de 2020 ne pourrait être atteint qu'à l'année 2027 »

La décision de la Chine en 2018 de cesser l'importation de déchets plastiques a suscité le chaos sur le marché mondial du recyclage, obligeant les pays développés à trouver de nouveaux débouchés pour leurs déchets et submergeant plusieurs pays du sud-est asiatique.
La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 en France prévoit de réduire la quantité des déchets incinérés et enfouis : l'objectif est ainsi de réduire "l'élimination par stockage de moitié en 2025 avec une étape intermédiaire de -30 % en 2020, par rapport aux quantités admises en décharge en 2010". En Île-de-France, cela reviendrait à réduire la capacité totale des décharges à 2 057 334 tonnes en 2020 et 1 469 524 tonnes en 2025, selon l'Ordif.

"Cependant, plusieurs arrêtés d'autorisation déjà délivrés s'étendent au-delà de ces échéances et maintiendront, pendant un temps, une capacité supérieure", explique l'Observatoire. Toujours d’après l’Ordif, "l'objectif de 2020 ne pourrait être atteint qu'à l'année 2027 et l'objectif de 2025 en 2028".

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