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La banlieue laissée-pour-compte de Parcoursup ?

© F3Paris
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Hier jeudi 31 mai, le lycée Paul Eluard de Saint-Denis, aujourd'hui le lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil. Ils sont de plus en plus nombreux à protester contre la nouvelle plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur, qu'ils jugent discriminante.

Par Isabelle Audin

Il y a quelques jours, le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, s'est interrogé dans une lettre à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur l'existence d'un biais géographique introduit dans le nouveau système, qui prendrait en compte la "localisation des lycées, et donc des quartiers", comme critère de choix.

Sud Education 93 relève aussi que, "parmi les critères de sélection, on trouve le lycée d'origine, les activités extra-scolaires ou encore le redoublement en classe de première ou de terminale." Une sélection qui s'ajoute aux nombreuses discriminations déjà subies, selon le syndicat, par les lycéens de Seine-Saint-Denis pendant leur scolarité. 
Le syndicat a publié une carte largement devenue virale sur les réseaux sociaux montrant les inégalités des lycées de la région parisienne, où de nombreux élèves se retrouvent sans affectation.
© Capture d'écran
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En Seine-Saint-Denis, Parcoursup est vu comme un système inégalitaire

Ils étaient des dizaines rassemblés jeudi devant les grilles du lycée paul Eluard pour protester contre la nouvelle plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur, qu'ils jugent discriminant.

"Les Parisiens ont une place, eux": devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis domine un sentiment d'injustice, dix jours après les premièresréponses du système d'admission post-bac Parcoursup, jugées très décevantes et inégalitaires par ces élèves de banlieue.

"J'ai eu sept réponses en attente et un refus. Un choc. Je m'attendais à au moins un oui", se désole David, en terminale S dans cet établissement de Seine-Saint-Denis, pourtant assez bien coté. Il a demandé des licences dans son académie.

Thomas, qui rêve de "quitter la banlieue", avait demandé des licences à la Sorbonne. Il n'a pour l'instant aucune réponse positive et se sent non seulement "découragé", mais aussi "discriminé": "on a l'étiquette du 93 sur le front".


Egalité de traitement selon la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal

Jeudi, Frédérique Vidal a balayé les accusations des syndicats, rappelant que des quotas de boursiers sont pour la première fois prévus cette année pour l'ensemble des formations et que des quotas géographiques doivent aussi permettre aux lycéens qui le souhaitent de "quitter leur académie de résidence".
Les universités franciliennes ont aussi élargi cette année leur bassin de recrutement à toute la région dans les formations les plus demandées comme la psycho, la première année commune aux études de santé (Paces) ou les métiers du sport (Staps). "Concrètement, un lycéen de Seine-Saint-Denis qui souhaite rejoindre" une de ces licences "est traité à égalité avec un lycéen issu des lycées de Paris ou de Versailles", fait valoir Mme Vidal.

"L'école effectue un tri social de la maternelle à l'université"selon la FCPE


Mais ces "compensations" ne suffisent pas à corriger un système foncièrement inégalitaire, estime Rodrigo Arenas, président de la FCPE (fédération de parents d'élèves) 93.Selon lui, Parcoursup ne fait que révéler le fait que "l'école effectue un tri social de la maternelle à l'université" et ne peut rattraper 25 ans de sous-investissement dans l'enseignement supérieur".

Ainsi, seuls les meilleurs de Seine-Saint-Denis pourront étudier à Paris, qui concentre tous les moyens, au détriment de la banlieue, affirme-t-il.
"Que valent nos enfants ?", s'interroge aussi Colette Denis, mère d'une élève de Terminale à Noisy-le-Grand. Cette adhérente de la FCPE 93 a fait un sondage auprès des parents de deux lycées de cette ville située tout à l'est de la Seine-Saint-Denis. Leurs enfants ont reçu plus de réponses positives qu'attendu, mais rarement pour des formations dans l'académie de Paris, qui n'est pourtant qu'à 30 min de RER. "Par exemple, on est pris à Assas-Melun, mais pas à Assas. A Fontainebleau ou à Nanterre, à l'autre bout de l'Ile-de-France".

Ce vendredi matin, c'est à Argenteuil, cette fois-ci dans le Val d'Oise, que des lycéens bloquent leur lycée pour protester contre les discriminations de Parcoursup.

Le reportage de Yannick Le Gall et Olivier Badin :

Le lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil (95) manifeste contre les discriminations de Parcoursup

 

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