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Comment Rama Yade a raté son implantation électorale en Ile-de-France ?

© Guillaume Souvant/AFP Photos
© Guillaume Souvant/AFP Photos

Rama Yade a été exclue du Parti radical et ne sera pas sur les listes de Valérie Pécresse aux régionales. Elle n'aura donc pas réussi à trouver une implantation élection en Ile-de-France. Retour sur cet échec qui a fragilisé son poids politique. 

Par Daic Audouit

Sans fief électoral, impossible de survivre en politique. 

Rama Yade, exclue du Parti radical et absente des listes régionales de Valérie Pécresse, en a fait l'amère expérience. Il ne suffit pas d'être une star médiatique. Il faut également avoir un ancrage local pour ne pas dépendre du seul bon vouloir des présidents de parti. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pour l'ancienne protégée de Nicolas Sarkozy avec une constance qui n'a pas manqué de courage. Retour sur une greffe manquée en Ile-de-France. 

2008: première campagne à Colombes.

En cette fin de la première décennie du siècle, qui parait si loin déjà, Rama Yade est une star de la Sarkozie. Membre du gouvernement au nom de l'ouverture, de la diversité, de la jeunesse et de la féminisation, il lui faut lancer sa carrière politique et se trouver un point de chute électoral. 
Les élections municipales de cette année là sont une bonne occasion.

Rama Yade choisit Colombes. Elle est sur la liste de la maire sortante Nicole Gouetta. Colombes, c'est la ville où elle a grandi à son arrivée en France, où elle a étudié. Par ce choix du coeur, elle veut éviter les accusations de parachutage. Elle souhaite être légitime. Politiquement, le choix est un peu moins judicieux. Tous les observateurs prédisent une défaite certaine. Rama Yade aurait sans doute aimé conduire la campagne mais si l'UMP locale était prête à lui laisser un strapontin, il ne fallait pas exagérer non plus. 

Finalement, ce n'est pas plus mal.  Rama Yade n'est qu'une simple conseillère municipale d'opposition. Mais sa défaite n'est guère visible et n'est pas la sienne. On a connu des débuts plus tonitruants, mais elle est toujours membre du gouvernement. 

2009-2010: Premier mandat de conseillère régionale

Rama Yade s'obstine,ce sera les Hauts-de-Seine et rien d'autre. Politiquement, ce n'est pas, encore une fois, une bonne idée. Ce département est déjà bien pourvu en barons UMP ou centristes qui ne voient pas son arrivée d'un bon oeil. Et Nicolas Sarkozy n'a plus tout à fait la main dans ce département. Bref, pour résumer c'est un panier de crabes format XXL. Et Rama Yade, on l'a compris n'est pas du genre à s'excuser d'être là et à se faire toute petite. Depuis quand une étoile de mer calcule des tourteaux sur le retour. 

Elle refuse de conduire  la liste UMP aux européennes en Ile-de-France en 2009. Elle ne veut pas s'éloigner de la France, car elle vise une circonscription aux législatives. Elle sait très bien que députée c'est le graal, son passeport pour l'émancipation de l'étiquette de Chouchou Première.

En attendant 2012, il y a les régionales. Alors pourquoi pas ?  On reste près des sièges des partis. Alors, elle y va. Mais elle refuse la proposition de Valérie Pécresse de conduire la liste dans le Val-d'Oise. Plus tard dans ses mémoires, elle écrira que Valérie Pécresse lui aurait expliqué "que c'était parce qu'il y avait beaucoup d'africains là-bas". Des propos démentis par la candidate des Républicains à la région Ile-de-France qui menaca Rama Yade d'un procès.

La secrétaire d'Etat aux sports se contente d'une place sur les listes des Hauts-de-Seine. Ca lui suffit pour être élue conseillère régionale, mais elle n'est pas dans les petits papiers de Valérie Pécresse, qui néanmoins était bien contente de poser avec elle pendant la campagne. Le fameux carré de dames complété par Jouanno et NKM.  


2010-2012: la rupture avec Sarkozy

Rama Yade n'est plus dans les petits papiers de Nicolas Sarkozy également. Elle se range donc du côté de Jean-Louis Borloo et quitte avec lui l'UMP. Un peu ballot pour avoir l'investiture du parti aux législatives. Le palais Bourbon s'éloigne. Sauf que Rama Yade a un plan et une (fausse bonne) idée. La 2 ème circonscription des Hauts-de-Seine est à cheval sur Asnières et Colombes. Et le candidat UMP cumule les handicaps. Manuel Aeschlimann a perdu la mairie d'Asnières en 2008 et a été condamné en justice. 

Elle se dit que c'est jouable, sans se faire trop d'illusions non plus.Cela ne manque pas de panache. Assumer, au risque de la défaite, la possibilité de se débrouiller seule. Elle sera éliminée dès le premier tour avec 14% des voix. C'est la lente disparition des radars politiques même si les lumières des plateaux télé continuent de briller. 


2012-2015 : le combat pour la survie

2012. La gauche arrive au pouvoir. A droite, l'heure est à la reconquête. L'occasion de renouveler les équipes. Une perspective pour Rama Yade. Dès lors, elle est annoncée à chaque élection. Aux municipales à Paris en 2014, mais ça ne se fera pas. Aux européennes la même année pour l'Alternative centriste, mais François Bayrou y met son veto la jugeant trop sarkozyste. 

Dès lors en manque d'investiture, Rama Yade se concentre sur les élections internes de son parti : la présidence du parti Radical ou l'investiture de l'UDI aux régionales. A chaque fois c'est un échec. A chaque fois, elle crie à l'injustice et engage même une procédure judiciaire contre le Parti radical qui entraîne sa perte aujourd'hui. 







 



 


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