Petites annonces, pancartes en bord de route : la lutte des maires contre les déserts médicaux

Entre 2007 et 2016, le nombre de médecins généralistes a baissé de 20,3 % dans l’Aisne. Or les projections d’ici 2025 indiquent que la France va continuer à perdre des médecins. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE
Entre 2007 et 2016, le nombre de médecins généralistes a baissé de 20,3 % dans l’Aisne. Or les projections d’ici 2025 indiquent que la France va continuer à perdre des médecins. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE

Depuis plusieurs années, le nombre de médecins par habitants décroît en Île-de-France, avec de grandes disparités selon les départements. Anticipant les départs à la retraite, les communes de la région multiplient les initiatives pour attirer la relève.

Par France 3 Paris Île-de-France / ML

Pancartes, petites annonces, avantages en nature... En 2012, une étude de l’Ordre national des médecins révèle que l'Île-de-France, jusqu'alors l'une des régions les mieux dotées en médecins avec la région PACA, est elle aussi concernée par les problématiques de désertification médicale, notamment en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d'Oise et en Seine-et-Marne.


Le nombre décroissant de spécialistes (gynécologues, ophtalmologues) comme de médecins généralistes pour le suivi quotidien des habitants inquiète les mairies. Depuis, des communes se démènent pour maintenir une offre médicale sur leur territoire après un départ à la retraite ou un décès.
 

Les petites annonces


Après les rendez-vous réguliers à l'Agence Régionale de Santé (ARS) et les annonces sur des sites spécialisés, de nombreuses municipalités se sont tournées vers des recours moins conventionnels. L'un des premiers réflexes désormais est de poster une annonce sur les sites de vente et d'emplois généralistes, tels que leboncoin.fr.



Dernièrement, la ville de Moussy-le-Neuf, en Seine-et-Marne, a sauté le pas. A la suite d'un départ à la retraite en 2016, la ville, qui compte 3 000 habitants, ne compte plus qu'un seul médecin généraliste. Après s'être adressée à des sites spécialisés, elle a décidé de poster une annonce sur la célèbre plateforme. Il s'agit alors de mettre en avant les atouts de la commune ("commune agréable, verdoyante, primée trois fleurs") et les facilités d'exercice ("offre médicale actuelle", "proximité des centres hospitaliers").

L'aide à l'installation 


En sus des incitations publiques pour leur établissement, les jeunes médecins qui décideraient de s'installer dans des zones périurbaines délaissées peuvent également compter sur des aides que les communes en demande mettent en place pour eux. Dans le Val-d'Oise, la ville de Frépillon a fait l'acquisition d'une maison pour 260 000 € en centre-ville pour accueillir ce qui pourrait être un cabinet médical de 80 m². Le futur médecin disposerait ainsi de deux salles de consultation, d'un accueil, d'une salle d’attente et de locaux de service.



Les pancartes en bord de route


En désespoir de cause, certaines communes reviennent aux méthodes traditionnelles : l'affichage au bord des départementales et nationales pour attirer l'attention des conducteurs. Le pari : que ces derniers relaient ensuite l'information.

Depuis avril, les automobilistes qui traversent Pamfou, en Seine-et-Marne, sont ainsi accueillis par un message en lettres capitales rouges et noires "Recherche urgent médecin généraliste" suivi d'un numéro de téléphone. Selon Le Parisien, la ville a commencé à chercher en septembre. Six mois plus tard, elle n'avait reçu qu'une candidature, grâce aux pancartes.

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