L'enquête pour subornation de témoin relancée dans l’affaire Georges Tron

Georges Tron quitte le tribunal de Bobigny, le 15 novembre 2018, après avoir été acquitté des chefs de viol et d’agressions sexuelles. / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Georges Tron quitte le tribunal de Bobigny, le 15 novembre 2018, après avoir été acquitté des chefs de viol et d’agressions sexuelles. / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

A quelques mois du procès en appel de Georges Tron pour viols, la cour d'appel de Paris a récemment ordonné qu'une enquête pour subornation de témoin visant le maire de Draveil (Essonne) soit relancée.

Par France 3 PIDF / AFP

Alors qu’approche son procès en appel pour viols, une enquête pour subornation de témoin visant Georges Tron vient d’être relancée par la cour d'appel de Paris, de source judiciaire. Cette affaire dans l'affaire se focalise sur les éventuelles pressions subies par des témoins d'abus sexuels présumés du maire de Draveil (Essonne) et de son ancienne adjointe Brigitte Gruel envers deux anciennes collaboratrices municipales, Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Elles les accusent de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a infirmé le 3 février le non-lieu prononcé par un juge d'instruction dans cette enquête et ordonné la poursuite de l'information judiciaire, selon une source judiciaire. La cour d'appel a considéré que "le terme de pressions notamment englobe des menaces déguisées, des demandes réitérées et pressantes, tout moyen qui aboutit à créer une contrainte sur l'esprit de la personne qui les reçoit". "L'existence d'un lien de subornation entre les personnes doit être pris en compte", a-t-elle par ailleurs souligné.

Georges Tron jugé en appel du 21 avril au 15 mai

"C'est une décision très surprenante car Georges Tron n'avait même pas été mis en examen dans ce dossier", a réagi de son côté Antoine Vey, avocat du maire, reprochant aux plaignantes des "gesticulations médiatiques". Les conseils de l'ex-secrétaire d'Etat se sont d'ailleurs pourvus en cassation contre cet arrêt le 7 février, mais cette action n'a pas d'effet suspensif, toujours de source judiciaire.
"Je pense que ces manœuvres de Georges Tron et de son entourage n'ont pas été pour rien dans la façon dont certains se sont exprimés" au cours du dossier principal, a au contraire estimé Vincent Ollivier, l'avocat de Virginie Ettel. Si les deux procédures sont juridiquement séparées, "évidemment l'une a une influence sur l'autre et vice versa", a ajouté l’avocat. En première instance en novembre 2018, Georges Tron ainsi que son ancienne adjointe à la Culture Brigitte Gruel, avaient été acquittés par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis des chefs de viol et d'agressions sexuelles.

Leur procès en appel se tiendra du 21 avril au 15 mai devant la cour d'assises de Paris.

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