Essonne : une ZAD mise en place contre la construction du pont d'Athis-Mons

Le projet de construction d'un pont devant relier les communes d’Athis-Mons et Vigneux-sur-Seine est un casse-tête datant de plusieurs décennies.

L'un des deux ponts du secteur d'Athis-Mons, dans le nord de l'Essonne.
L'un des deux ponts du secteur d'Athis-Mons, dans le nord de l'Essonne. © France 3 Paris Île-de-France

C’est un projet casse-têtes qui date de plus de quarante ans. À deux semaines du premier tour des élections départementales, le projet de construction du pont routier de la commune d’Athis-Mons (Essonne) au-dessus de la Seine fait à nouveau parler de lui dans l’actualité.

Ce viaduc, voulu par le département, doit permettre de relier les communes d’Athis-Mons et Vigneux-sur-Seine et désengorger les deux ponts actuels (Juvisy-sur-Orge et Villeneuve-Saint-Georges). Les riverains ne l’entendent toutefois pas de cette oreille. Deux associations ont créé une ZAD (Zone à défendre) éphémère pour entraver le projet. L’une d’elle est "Athis-Pont non !".

"Destructeur de nature"

La première raison de ne pas vouloir de ce pont, c’est qu’il viendrait défigurer un jardin collectif de 4 000 m2 et un petit bois en pleine ville. "Ici, il y aurait des énormes piliers de béton et au-dessus de notre tête, à cinquante mètres de hauteur, une énorme chape de béton. C'est totalement destructeur de nature. Est-ce que vous imaginez faire pousser une telle nature à l'ombre d'un grand pont en béton?", s'interroge Murielle Josselin Présidente de l’association Athis-Pont Non.  La deuxième raison, ce projet du siècle passé ne répond plus aux enjeux de mobilité non polluante. "Ce projet proposé par le département n'est pas une liaison locale, mais une liaison structurante de l'Île-de-France. Une liaison N6-N7-A-6-A10-A86. De la voiture de l'autosolisme (...) c'est ça qui est proposé. Si on propose aux personnes de prendre la voiture, ils prendront la voiture", insiste Conan Gauthier Secrétaire de l’association Athis-Pont Non.

Parmi les personnalités politiques qui disent également non à ce projet, il y a François Damerval, co-secrétaire général de Cap écologie, conseiller régional (Alternative IDF) d’Île-de-France et conseiller municipal de Draveil. Il apporte sur les réseaux sociaux son soutien à l’association "Athis-Pont non !".

Avantage économique

Des partisans de la construction de cet édifice mettent en avant les avantages économiques qu’il représenterait.  "Le pont répond aux besoins des artisans et des commerçants qui vont se fournir à Rungis, des entreprises de la rive-gauche qui ont besoin des salariés de la rive-droite. Il faut permettre aux gens qui habitent rive-droite d'aller travailler rive-gauche. Aujourd'hui ce n'est pas possible parce que le pont de Villeneuve-Saint-Georges il faut compter 45 minutes pour le franchir le matin et idem le soir", Jean-Louis Godard Président de l’association Un Pont Pour l’Avenir.

Le projet de construction du pont devrait voir le jour à l’horizon 2030. S’il reste en l’état, ses détracteurs promettent d’implanter durablement une ZAD pour empêcher sa réalisation.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
société environnement