Le maire de Draveil, Georges Tron condamné à trois ans de prison ferme pour viol et agressions sexuelles

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Écrit par Emmanuelle Hunzinger / France 3 PIDF / AFP
Le maire de Draveil lors de son procès à la cour d'Appel de Paris le 28 janvier.
Le maire de Draveil lors de son procès à la cour d'Appel de Paris le 28 janvier. © MAXPPP/Christophe Petit Tesson

La cour d'Assises de Paris a condamné en appel à cinq ans de prison, dont trois fermes, le maire de Draveil et ex-secrétaire d'Etat, Georges Tron pour viol en réunion et agressions sexuelles. Son ex-collaboratrice écope de 2 ans de prison avec sursis.

La procédure judiciaire aura duré 10 ans : ordonnance de non-lieu, acquittement des deux accusés en première instance en 2018. Le feuilleton judiciaire s’est clôt hier soir après 11 heures de délibéré par la condamnation de l’ancien maire de Draveil et de sa collaboratrice. Deux anciennes employées de la mairie de Draveil accusaient Georges Tron de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010 lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel.

Trois ans de prison ferme pour le maire de Draveil

Les jurés ont déclaré l'élu de 63 ans coupable de viol et agressions sexuelles en réunion sur Virginie Ettel, des faits "établis par les déclarations constantes et circonstanciées de la victime". Elle l'a en revanche acquitté de faits similaires sur l'autre plaignante, Eva Loubrieu.

La cour a par ailleurs prononcé une peine de six ans d'inéligibilité à son encontre. Une condamnation supérieure aux réquisitions du ministère public qui avait requis cinq ans dont trois avec sursis.

L’ancienne collaboratrice de Georges Tron, Brigitte Gruel a elle été condamné à deux ans de prison avec sursis.

"C'est une grande victoire pour toutes les femmes qui peuvent avoir à se plaindre sur leur lieu de travail", a salué après l'audience Me Vincent Ollivier, l'avocat de Virginie Ettel.

Georges Tron va se pourvoir en cassation

Durant les audiences, l’accusation a démontré l'existence d'une "emprise" de Georges Tron sur les deux plaignantes. Selon eux, cet ascendant moral constituait une forme de contrainte - l'une des caractéristiques du viol et de l'agression sexuelle dans le code pénal. Des arguments entendus par la cour d’Appel de Paris. Dans sa décision, la cour a souligné la "contrainte morale" exercée par les deux accusés sur Virginie Ettel en raison de son "lien de subordination" à la mairie.

Durant les débats, les deux accusés soutenaient que les "mensonges" des plaignantes participaient d'un "complot" fomenté par les adversaires politiques de Georges Tron dans l'Essonne. Une thèse "étayée par aucun élément probant", a jugé la cour.

Georges Tron qui continue à nier les faits a été placé en détention. L'ex-secrétaire d'Etat va se pourvoir en cassation, a annoncé jeudi soir son avocat Me Antoine Vey. "Il va faire une demande de mise en liberté", a aussi expliqué l’avocat sur le plateau de l’émission "C à Vous" sur France 5, tout en évoquant la possibilité que son client soit libéré sous bracelet électronique.

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