Montgeron : après avoir lancé un appel à signaler les infractions au confinement, la maire "assume"

La maire (LR) de Montgeron dans l'Essonne a envoyé une lettre aux citoyens de la commune appelant les "témoins du non-respect de confinement" à "le signaler à la police". Une mesure qui ne fait pas l'unanimité.

Les personnes ne respectant pas les mesures de confinement s'exposent à une amende de 135 euros. (Illustration)
Les personnes ne respectant pas les mesures de confinement s'exposent à une amende de 135 euros. (Illustration) © MAXPPP
La phrase n'en finit pas de créer la polémique. "Dès lors, si vous êtes témoins du non-respect de confinement, je vous invite à le signaler à la police municipale (…) ou nationale (…) afin que les forces de sécurité puissent intervenir dans les meilleurs délais", peut-on lire sur un courrier adressé aux habitants aux quartiers des l’Oly et de la Forêt de Montgeron (Essonne) et signé par la maire (LR) Sylvie Carillon. Dans ce document daté du 8 avril 2020, la maire tient à "remercier sincèrement" les habitants pour leur "civisme" qui, "dans leur immense majorité", "respectent en effet bien le confinement".

Mais cette phrase a fortement fait réagir sur les réseaux sociaux et heurté l'opposition municipale. Sur twitter, des internautes dénoncent la mesure en faisant référence à la Seconde Guerre mondiale : "la délation comme au bon vieux temps de Petain n'a pas cours!" ou "Montgeron ou Vichy" ou encore : "Cela rappelle une sinistre époque ou les gens étaient incités à dénoncer les juifs...".

Le conseiller municipal (SE) Stefan Milosevic a tenu à rappeler "à Sylvie Carillon que la police demande aux citoyens d’éviter d’appeler le 17 pour dénoncer leurs voisins". Par ailleurs, il trouve "particulièrement choquant d’avoir placardé ce courrier spécifiquement à l’Oly et à la Forêt. Ces Montgeronnais ne sont pas des parias de la société ! Les abus liés au confinement sont partout, et non pas seulement dans ces deux quartiers". 

Pas d'appel "à la délation"

Dans un communiqué diffusé sur le site de la mairie, l'élue à l'origine de la lettre se défend de tout appel à la délation : le courrier "a été détourné sur les réseaux sociaux comme un appel à la délation. Il n’en est rien".

Sylvie Carillon poursuit : "j’assume totalement le courrier que j’ai adressé et suis profondément choquée par l’utilisation de mots ou de références historiques totalement inappropriées. Je rappellerai donc à ceux qui l’ignorent que la délation est le fait de donner des informations concernant un individu pour des motifs contraires à la morale. En l’espèce, c’est donc tout le contraire". Elle compare ainsi ces signalements à ceux "d’un accident de la route ou d’une attitude qui porte atteinte à la loi", un "acte de civisme" selon elle.
 
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