Forte amélioration de la qualité de l’air en Île-de-France grâce au confinement, selon Airparif

Trafic routier, trafic aérien… L’organisme de surveillance explique que le confinement a permis une amélioration importante de la qualité de l’air. L’association note tout de même un impact moindre pour les particules PM10, issues entre autres de l’agriculture.
Une rue parisienne lors du confinement, le 9 avril 2020 (illustration).
Une rue parisienne lors du confinement, le 9 avril 2020 (illustration). © IP3 PRESS/MAXPPP
Après près de deux mois de confinement, la qualité de l’air s’est largement améliorée en Île-de-France selon Airparif. Dans un bilan publié ce vendredi 15 mai, l’association agréée par le ministère de l'Environnement pour la surveillance de la qualité de l'air en région parisienne, explique en effet que la pollution a chuté. Mais cette tendance est plus ou moins forte selon le type de particules en question. D’un côté, l’organisme met en avant "une amélioration conséquente de la qualité de l’air pour des polluants réglementés", comme le dioxyde d’azote, en majorité issus du trafic. Ce type de pollution a chuté de 20 à 35%, selon les semaines. La baisse atteint même 50% le long des routes.

Cette baisse est encore plus importante sur la gamme des particules ultrafines les plus petites

Autre phénomène : Airparif souligne une baisse de 30% des concentrations de particules ultrafines (PUF), dont la taille est inférieure à 100 nanomètres, du 16 février au 18 avril. Ce type de pollution provient du trafic routier, mais également du trafic aérien. "Cette baisse est encore plus importante sur la gamme des particules ultrafines les plus petites, à savoir inférieure à 20 nanomètres, avec une baisse de l’ordre de 50% entre les deux périodes", précise l’association.

Une pollution toujours importante issue de l’agriculture et du chauffage

Mais du côté des particules PM10, inférieures à 10 micromètres, la chute est bien moins spectaculaire. "L’impact est moindre", explique l’organisme, avec une diminution de 7% entre le 17 mars et le 27 avril. Airparif pointe une "influence forte de conditions météorologiques défavorables", mais aussi "des sources d’émissions plus nombreuses", "pas seulement locales". Chauffage (dont chauffage au bois), chantiers, transferts de pollution, réactions chimiques dans l’atmosphère… L’association met surtout en évidence un "impact important de l’agriculture".

Une analyse de la composition chimique des particules, menée lors de l’épisode de pollution du 28 mars, révèle en effet des concentrations importantes d’"aérosols inorganiques secondaires, dont l’agriculture contribue à la formation".

Le trafic routier progresse depuis 10 jours

A l’occasion de la publication d’un précédent bilan, fin mars, Airparif avait déjà indiqué avoir observé une amélioration de la qualité de l'air en agglomération parisienne. Pour ce qui est du déconfinement, Airparif dit rester "mobilisée" pour étudier les concentrations de polluants, et évoque des évolutions "plus progressives que lors du confinement, qui a été soudain" – il n’y a d’ailleurs pas eu de saturation du trafic automobile lundi 11 mai. "Une attention particulière sera portée sur les conséquences de la hausse du trafic routier, première source de pollution de l’air en Île-de-France et qui augmente progressivement depuis une dizaine de jours sans pour autant avoir retrouvé à ce jour la même intensité qu’avant le confinement", détaille l’organisme. L’association rappelle aussi que la pollution de l’air est un facteur aggravant de l’impact sanitaire du Covid-19.
 
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