Boulogne-Billancourt : incendie d'un centre pour travailleurs migrants, une personne est décédée

© Pompiers de Paris
© Pompiers de Paris

La piste criminelle était privilégiée vendredi dans l'enquête sur l'incendie nocturne d'un foyer de travailleurs immigrés qui a fait un mort et 12 blessés à Boulogne-Billancourt, mais les autorités semblent exclure un mobile raciste.

Par France 3 Ile de France avec AFP

"Il y avait de la fumée partout", c'était "la panique", a témoigné Ibrahima Diallo, un Franco-Guinéen de 35 ans, qui loge là depuis 2011 et qui ne dormait pas quand le feu s'est déclaré. "L'alarme générale n'a pas marché et il n'y avait pas de lumière dans les escaliers. J'ai frappé aux portes de mes voisins pour les réveiller", a-t-il raconté, déplorant comme plusieurs autres locataires de graves carences de gestion.

Probablement sous le coup de la panique, deux locataires se sont défenestrés avant l'arrivée des pompiers. L'un d'entre eux est mort en se jetant dans la cour qui sépare les deux bâtiments vétustes de la résidence. C'était "un Malien âgé d'une quarantaine d'années" arrivé dans le foyer "il y a environ quatre ans", a précisé à l'AFP Bakary Cissoko, président du comité des résidents.

Douze autres personnes ont été blessées, dont deux grièvement, dans cet incendie dont l'origine pourrait être criminelle, des traces de combustibles et d'accélérateur de feu ayant été retrouvées dans le hall d'entrée du bâtiment comptant 78 logements.

Le ministère de l'Intérieur semble exclure un mobile raciste

Selon le ministère de l'Intérieur, 250 personnes ont été évacuées. "Cinq ou six résidents ont été sortis du sixième étage avec la grande échelle par les pompiers", d'après M. Cissoko. Le ministère de l'Intérieur semble exclure un mobile raciste. "C'est un foyer qui pose problème, avec activités et restaurants clandestins. L'ambiance y est délétère avec des rixes entre résidents et des trafics", a-t-on expliqué place Beauvau. "L'un des blessés est soupçonné d'être l'incendiaire, il est par ailleurs résident. Il est donc probable qu'il s'agisse d'un règlement de comptes interne", a-t-on ajouté, évoquant la mise en garde à vue de l'individu concerné dans un délai proche.

250 personnes ont été évacuées

De nombreux résidents interrogés par l'AFP s'en sont pris, eux, au nouveau gérant et à l'association Coallia, avec laquelle ils sont en conflit depuis six mois, refusant de payer leurs loyers. Selon leurs témoignages, la résidence est sans chauffage depuis des mois et le gaz a été coupé jeudi soir par le gérant qui cristallisait vendredi toutes leurs colères. Sollicitée par l'AFP, la mairie de Boulogne-Billancourt n'a pas souhaité communiquer dans l'immédiat.

La police scientifique a retrouvé des traces de combustible et d'accélérateur de feu

Vendredi en milieu de journée, plusieurs dizaines de résidents attendaient de pouvoir réintégrer le bâtiment de six étages, envahis par les fumées mais qui n'ont a priori pas été détériorés par le feu. Seule l'entrée d'un des deux bâtiments de la résidence privée Coallia Nationale, gérée par une association, a été touchée par l'incendie. C'est là également que la police scientifique a retrouvé des traces de combustible et d'accélérateur de feu. En milieu de journée, des policiers en combinaison blanche effectuaient encore des relevés.

► Un reportage de Bruno Lopez et Amanda Chaparro
Boulogne-Billancourt : incendie d'un centre pour travailleurs migrants, une personne est décédée


Sur le même sujet

Journée de chasse en Seine-et-Marne

Près de chez vous

Les + Lus