#Laissez-moi, le hashtag de ralliement de jeunes artistes face à la situation de la culture

Publié le Mis à jour le
Écrit par Elie Saïkali
Le théâtre l'Européen à Paris ironise sur sa fermeture forcée pour cause de confinement. Joel Saget - AFP
Le théâtre l'Européen à Paris ironise sur sa fermeture forcée pour cause de confinement. Joel Saget - AFP

Plus de 90 000 personnes à travers la planète, avec des profils variés, ont rejoint le mouvement dont le but principal est la recherche de consensus afin de laisser les artistes travailler.

Beaucoup de secteurs sont impactés par la crise sanitaire due à l’épidémie de covid-19. Parmi eux, celui de la culture et du spectacle vivant. Les théâtres, les salles de spectacles…des lieux qui, pour la plupart, ne vivent que de leur public et qui se sont retrouvés, du jour au lendemain, fermés.

Les professionnels du secteur ne peuvent plus se reproduire sur scène, chanter, danser ou être visionnés sur le grand écran. Bien que recevant des aides de l’État et des prolongations de droits, des acteurs de la culture ont, à maintes reprises, exprimé leur incompréhension face aux décisions qui ont été prises par le gouvernement.

Parmi eux, de jeunes artistes ou intermittents du spectacle. A l’aide du hashtag #Laissezmoi, certains d’entre eux ont lancé un mouvement dont le principal message est le suivant : trouver un (ou plusieurs) compromis afin de permettre aux artistes travailler.

 

Spectacle vivant dans les magasins parisiens

Dans un post diffusé sur Instagram, on les voit, dans les rues de Paris, et plus précisément dans le quartier de Rivoli. Habillés de noir, ils chantent et dansent, au milieu des passants, mais aussi dans quelques magasins, au rythme du titre "Laissez-moi danser" de Dalida. Ils ont tantôt été applaudis, tantôt reconduits à la sortie par la sécurité, mais toujours avec respect.

"Aucun cluster n’a jamais été recensé parmi les spectateurs d’une salle de spectacle (…) Les commerces reçoivent leurs publics masqués. Laissez-nous accueillir le nôtre", peut-on lire en fin de vidéo.

 

Plus de 90 000 membres

"Les artistes, moi le premier, ont voulu paraître très consciencieux en ces temps de crise sanitaire en ne disant rien, histoire de ne pas rajouter de l’huile sur le feu. Nous avons toutefois l’impression que si on ne dit rien, rien ne se fera", estime Yanis Siah, porte-parole et cofondateur du mouvement "Laissez-moi", contacté par France 3 Paris Île-de-France. "Le but, c’est que nos gouvernants voient le post et aient une prise de conscience, sans que nous ayons à passer par la case manifestation", ajoute-t-il, précisant par ailleurs que tout se fait dans la "politesse".

Plus de 90 000 personnes, à travers la planète, avec des profils variés, ont d’ores et déjà rejoint le mouvement. Parmi elles : des admirateurs, des artistes et quelques célébrités du milieu telles que Anne Roumanoff, Kevin Razy, Maxime Guény ou encore les danseurs Candice Pascal et Christian Milette.

"Ce mouvement est une manière de dire les artistes sont là, qu'ils ne sont pas des individus passifs qui restent dans le silence grâce à l’intermittence", explique Yanis Siah. "Le message est simple : nous laisser participer à une recherche de juste milieu afin de nous permettre de travailler (...) Même si un 3ème confinement se produit, le message ne perd pas de son importance (…) il s'agit d'être intégré dans le future plan de ‘déconfinement’ et de ne pas se retrouver en bas de l'échelle", insiste le porte-parole.

 

 

 

 

 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.