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Etudiants en philosophie, en sociologie ou dans d'autres matières... Ils étaient sur les bancs de la fac en mai 1968. Et pour beaucoup, cette période aura fortement marqué leur vie étudiante. Paroles de ces anciens étudiants de 1968.

Contre les interdits

"Ça ne m'a pas complètement quitté, cette jeunesse-là", confie Dominique Tabah. "Ça a tellement inspiré de choses dans ma vie !" A l'époque, en 1968, la jeune femme était la présidente de l'association des résidents de la cité universitaire.

"Les garçons n'avaient pas le droit de monter chez les filles, et les filles chez les garçons", se souvient-elle. Alors étudiante en philosophie, elle raconte les "interdits" omniprésents dans cette société. Cette question de la mixité des bâtiments de la cité universitaire de Nanterre sera d'ailleurs l'un des éléments déclencheurs des événements de Mai 68.
Dominique Tabah, présidente de l'association des résidents de la Cité U de Nanterre en 1968. / © France 3 IDF
Dominique Tabah, présidente de l'association des résidents de la Cité U de Nanterre en 1968. / © France 3 IDF

 

La France de 68

"Il est interdit d'interdire !" Ce mot d'ordre contre l'ordre résonne encore comme un slogan de Mai 68. Dans ces années 60, se dessinent d'autres révoltes comme l'opposition à la guerre du Vietnam. Pour certains protagonistes de ce vent de protestation, Mai 68 restera un tournant. 

Pour Dominique Tabah, ce qui a été décisif, c'est son enfance aux Etats-Unis, alors qu'elle côtoye "l'histoire de la ségrégation et du mouvement noirs, avec le côté contestataire américain", raconte-t-elle. Après Mai 68, l'étudiante en philosophie travaillera dans des bibliothèques en Seine-Saint-Denis.

Ces événements sont synonymes de l'évolution des moeurs et des comportements anticonformistes. De la révolte étudiante aux contestations dans le monde ouvrier, Mai 68 a également introduit de nouveaux modes de consommation.

 

"Prendre la parole"

En mai 1968, Josette Tratt étudie la sociologie à la Sorbonne, lorsque les événements se déchaînent. Elle est alors âgée de 20 ans, et est bien décidée à participer à sa façon à ce vaste mouvement étudiant.
VIDEO - La semaine des barricades à Paris, racontées par les Actualités françaises
"Je m'étais fait un devoir d'arriver à prendre la parole dans le grand amphi de la Sorbonne", explique-t-elle. Car "pour faire venir un maximum de gens aux manifestations... C'est là que ça se passe."

Josette Tratt raconte avoir tenu des barricades, durant la semaine du 6 mai. "C'était impressionnant, car tout le quartier était dévasté", témoigne-t-elle. La nuit du 10 au 11 mai 1968 fera plusieurs centaines de blessés, dont une vingtaine de blessés graves.

Josette Tratt, ancienne étudiante de la Sorbonne en mai 68. / © France 3 Paris IDF
Josette Tratt, ancienne étudiante de la Sorbonne en mai 68. / © France 3 Paris IDF

 

Le Quartier latin troublé

50 ans après, qu'est donc devenu ce Quartier latin, cœur de la contestation ? Nous sommes retournés sur les lieux emblématiques de la révolte : la rue des Ecoles, la rue Gay-Lussac, la Sorbonne, le boulevard Saint-Michel pour tenter de retrouver des traces de Mai 68.