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Abdelhakim Dekhar, le tireur parisien présumé, fustigeait un “complot fasciste”

Abdelhakim Dekhar, l'homme soupçonné d'être le tireur parisien traqué du 18 au 20 novembre 2013, photographié ici en 1994. / © (17 JUIN MEDIA / AFP)
Abdelhakim Dekhar, l'homme soupçonné d'être le tireur parisien traqué du 18 au 20 novembre 2013, photographié ici en 1994. / © (17 JUIN MEDIA / AFP)

Abdelhakim Dekhar, arrêté pour tentatives d'assassinats à Libération, BFMTV et La Défense, va être entendu par les enquêteurs, après avoir laissé des écrits dans lesquels cet homme déjà au coeur d'un fait divers marquant des années 90 évoque un "complot fasciste" et fustige les médias.

Par AFP

Le tireur parisien présumé, 48 ans, est en garde à vue depuis mercredi soir, également pour "enlèvement et séquestration" d'un automobiliste
pris brièvement en otage lundi en marge de ses attaques, a annoncé jeudi le procureur de la République de Paris, François Molins. Interpellé dans un "état semi-conscient" après une prise de médicaments qui laisse penser à une tentative de suicide, Abdelhakim Dekhar est désormais "audible" et les enquêteurs "vont pouvoir commencer l'audition", a précisé le magistrat, lors d'une conférence de presse.

L'homme se trouvait jeudi après-midi dans les locaux de la brigade criminelle, dans le centre de Paris, selon une source proche du dossier.

Abdelhakim Dekhar n'est pas inconnu de la police: il a été condamné en 1998 à quatre ans de prison, peine réalisée durant sa détention provisoire, pour avoir acheté le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin en 1994. L'équipée sanglante dans Paris de ce jeune couple avait fait cinq morts: trois policiers, un chauffeur de taxi et Audry Maupin.

C'est aussi avec un fusil à pompe qu'Abdelhakim Dekhar, personnage complexe venu de l'ultra-gauche française des années 90, a fait reparler de lui, en attaquant vendredi 15 novembre le siège de BFMTV, dans le sud-ouest de Paris, sans toutefois ouvrir le feu.

Trois jours plus tard, il passait à l'acte à Libération, blessant très grièvement, toujours avec une arme de calibre 12, un jeune assistant photographe du quotidien dont l'état s'est depuis amélioré. Il enchaînait en tirant contre une banque à La Défense, sans faire de victime, puis en prenant en otage un automobiliste pour se faire conduire sur les Champs-Elysées, déclenchant une chasse à l'homme dans la capitale.

Ses motivations restent à éclaircir.
Jeudi matin, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait état d'un ou plusieurs "courriers" trouvés par les enquêteurs. Dans ces écrits, selon le procureur de Paris, le suspect évoque un "complot fasciste" et fustige la "gestion des banlieues", le "capitalisme", mais aussi le rôle des médias dans la "manipulation des masses". Dans une lettre, il évoque les conflits du monde arabe, selon une source proche du dossier, tandis qu'une autre source mentionne des écrits "confus".

Contacté par l'AFP, son avocat, Me Rémi Lorrain, s'est refusé à tout commentaire. François Molins a rappelé que l'expertise psychiatrique faite au moment de l'affaire Rey-Maupin avait mis en exergue ses "tendances affabulatoires", mais pas de "grain de folie".

Le magistrat a mis en avant le rôle "particulièrement déterminant" de l'appel à témoins lancé dès lundi, avec diffusion de plusieurs images du suspect extraites de la vidéosurveillance, qui a abouti au témoignage "décisif". Abdelhakim Dekhar a été dénoncé par un homme de 32 ans qui l'hébergeait depuis juillet et qui s'est présenté mercredi au commissariat de Courbevoie, en banlieue parisienne, "pour venir révéler qu'il connaissait l'homme dont il avait vu les clichés photographiques diffusés dans la presse", a expliqué le procureur. Le tireur présumé a rapidement été interpellé dans un véhicule garé dans un parking souterrain dans la ville voisine de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine).

D'après ce témoignage, les deux hommes s'étaient rencontrés il y a 13 ans à Londres, où Abdelhakim Dekhar travaillait dans un restaurant. Lors de ses séjours à Paris, le suspect se rendait parfois chez cet homme. 
Selon une source proche de l'enquête, Abdelhakim Dekhar aurait confié à son hébergeur, rentré de voyage le jour de l'attaque à Libé: "J'ai fait une connerie."

Les traces ADN retrouvées sur plusieurs scènes de crime, qui avaient déjà permis aux enquêteurs de conforter la thèse d'un auteur unique pour les attaques parisiennes, ont ensuite permis dans la nuit de mercredi à jeudi de confondre le tireur présumé.

Le président François Hollande a salué "l'efficacité" des enquêteurs, qui ont recueilli des centaines de témoignages depuis lundi. Le directeur de publication de Libération, Nicolas Demorand, a de son côté fait part de son "soulagement immense" après cette arrestation.

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