Affaire Christophe Girard : tensions entre le PS et certains élus EELV à la mairie de Paris

Au lendemain de la démission de l'adjoint à la culture, les échanges au sein de la majorité se sont tendus. Ce vendredi Anne Hidalgo a décidé de saisir la justice pour "les graves injures publiques" contre la mairie.
A peine quelques semaines après leur investiture, les relations au sein de la majorité vacillent à la mairie de Paris. Au lendemain de l’annonce de la démission de l’adjoint à la culture, Christophe Girard, la séance au Conseil de Paris, ce vendredi, a été émaillée de tensions en salle et en coulisse.

Premier fait en date, la présence ce matin à la mairie de Christophe Girard, lui même, qui conserve sa fonction de conseiller de Paris. Un déplacement qui n'a certainement pas apaisé les clivages entre les élus. 
 
Pour preuve l'appel du préfet Didier Lallement de rendre "un hommage républicain" à l'ancien adjoint à la culture a provoqué une réaction de vive colère de la part de la conseillère écologiste du XIIe arrondissement, Alice Coffin. Face à la standing-ovation du conseil de Paris, l'élue a crié à ses collègues : "La honte !"  
 

"Des pancartes inadmissibles"

Point de départ de cette fracture dans la majorité, la mobilisation ce jeudi des militantes féministes qui s’étaient rassemblées devant l’Hôtel de Ville pour réclamer la suspension de Christophe Girard en raison de son soutien supposé à l’écrivain Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie. Sur le parvis des slogans et des pancartes appelaient au départ du conseiller de Paris. Une mobilisation peu suivie mais à laquelle ont participé des élues écologistes à la maire de Paris. Des élues au côté de banderoles tenant des propos violents, pour la mairie de Paris c'est bien là le nœud du problème. 
 
Pour la mairie les propos affichés sur ces banderoles étaient indignes, estimaient ce matin Emmanuel Grégoire sur France Info : "Il y avait des pancartes qui étaient inadmissibles. Deux exemples : bienvenue à 'pédoland' et un détournement de notre logo de campagne, y compris celui des écologistes au 2e tour, 'pédo en commun'. La fin ne justifie pas les moyens", a dénoncé Emmanuel Grégoire. "Nous allons demander des excuses à Alice Coffin [conseillère EELV de Paris], et à nos partenaires écologistes, non pas sur leur mobilisation. Elles ont le droit. C'est la liberté absolue, individuelle. Nous la respectons, mais sur les excès, nous demandons des excuses", a-t-il poursuivit.

Le premier adjoint (PS) à la maire de Paris est allé plus loin et a reconnu que: "Nous avons un problème. Nous souhaitons clarifier les relations de travail. Encore une fois, nous respectons les différences. Nous respectons parfois même les divergences, mais quand on travaille ensemble, et à mon avis c'est une règle de vie qu'on peut s'imposer tout le temps, il faut respecter les autres. Et en l'occurrence, il y a eu un manque de respect évident."

Des élues EELV "en dehors de la majorité municipale"

Des faits qui ont poussé Anne Hidalgo à saisir la justice pour "graves injures publiques" contre la mairie, affirme la maire de Paris dans un communiqué. "Hier, des propos indignes ont été proférés, des banderoles infamantes ont été brandies. Tout cela porte atteinte à nos valeurs et à l’honneur de Paris, ville de liberté et capitale des droits humains. Je ne laisserai rien passer. Il en va du respect des principes fondamentaux qui soutiennent notre vie démocratique, du respect du droit et, au fond, de la solidité du pacte qui fonde nos institutions. Je déférerai devant les tribunaux les graves injures publiques qui ont été dirigées contre la mairie de Paris.", déclare l’édile qui a une fois de plus apporté son soutien à Christophe Girard.
 

Anne Hidalgo, qui s’était déjà dite "écœurée"  à la suite de l’annonce de la démission de son adjoint historique a même attaqué les élues mobilisées hier: "Je prends acte du fait que les deux élues siégeant dans le groupe des Verts au Conseil de Paris, qui ont incité et soutenu ces comportements, se placent ainsi d’elles-mêmes en dehors de la majorité municipale et des valeurs qui nous rassemblent."

Face à cette situation la maire de Paris a convoqué les présidents de groupe de la majorité municipale pour une explication dans son bureau. Ce soir le Groupe Paris en commun a incité les écologistes à "prendre une position claire et de condamner des pratiques indignes".
 
Si les tensions sont indéniables cela ne concerne qu’une minorité, des nouveaux élus qui viennent de milieux associatifs et qui restent avant tout des militants, s'éfforcent à répéter certains écologistes. Si les tensions sont présentes, on est loin d'une rupture, car sans les Verts, Anne Hidalgo perdrait sa majorité au Conseil de Paris. 

 
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