Capacité d'accueil réduite de 50% pour les universités : "Comme toujours, il y a un manque de moyens"

Alors que les facultés parisiennes doivent désormais réduire de moitié le nombre d’étudiants présents dans les amphithéâtres et les espaces d’accueil, le travail des professeurs s’annonce compliqué. Problème pédagogiques, techniques… Certains déplorent un manque de moyens.
Dès mardi 6 octobre, les facultés doivent instaurer pour "tous les espaces d’accueil" une jauge "à 50 % au plus de leur capacité nominale".
Dès mardi 6 octobre, les facultés doivent instaurer pour "tous les espaces d’accueil" une jauge "à 50 % au plus de leur capacité nominale". © IP3 PRESS/MAXPPP
Dès ce mardi 6 octobre, la capacité d'accueil doit être réduite de moitié dans les universités parisiennes. Les facultés sont en effet contraintes d’adopter de nouvelles mesures sanitaires contre la propagation du coronavirus. Salles de classe, amphithéâtres, restauration… Les facs doivent instaurer pour "tous les espaces d’accueil" une jauge "à 50 % au plus de leur capacité nominale", comme l’a confirmé la ministre de l'Enseignement Supérieur Frédérique Vidal dans un communiqué publié ce lundi.

En conférence de presse, le recteur de la région académique d'Île-de-France Christophe Kerrero a avancé que la majorité des établissements universitaires avait déjà adopté un format hybride entre cours en présentiel et cours à distance. Il a par ailleurs souligné la nécessité pour les étudiants de "garder un contact réel avec leurs enseignants". Du côté des professeurs, la mise en place du dispositif interroge. "Je comprends parfaitement la décision, il y a vraiment des clusters à l’université, explique une maître de conférence à Sorbonne Université. Ce n’est pas le cas dans toutes les universités, mais on a de gros problèmes dans nos locaux, qui sont beaucoup trop exigus. De fait, on ne peut pas respecter la distanciation sociale : si on a un groupe de 30 étudiants, on fait cours dans une salle avec une capacité de 30 personnes. Et on est censé aérer régulièrement, donc certaines salles où ce n’était pas possible avaient été condamnées à l’origine. Mais on a même dû réinvestir ces salles… Il y a un vrai manque de moyens et d’espace. Personnellement, je n’ai pas peur en allant faire cours mais certains collègues, parfois âgés de plus de 60 ans, sont vraiment inquiets par rapport aux conditions de travail et au risque de contamination."

"Faire cour à distance, c’est un crève-cœur"

Une maître de conférence à Sorbonne Université

"Pour donner cours de façon simultanée à des étudiants sur place et d’autres en visioconférence, il faudrait être équipé correctement avec le matériel informatique nécessaire, poursuit la maître de conférence, qui gère pour ce premier trimestre un groupe de 30 étudiants et un autre de 20, et qui devrait s’occuper de deux fois plus de personnes au second trimestre. Toutes les salles ne sont pas équipées. Comme toujours, il y a un manque de moyens."

"On a déjà expérimenté les cours à distance pendant le confinement, raconte-t-elle. On n’avait pas forcément les bons logiciels et il faut avoir de l’espace chez soi. Certains collègues ont des enfants en bas âge. Et ça pose un problème d’efficacité pédagogique. Faire cour à distance, c’est un crève-cœur. On ne se sait pas quel équipement informatique les étudiants ont chez eux. A distance, il y a aussi le souci des mauvaises connections. Certains étudiants ne se connectent pas. Les cours sont entravés par les conditions matérielles, la communication passe beaucoup moins bien."

Une situation "catastrophique dans les facs" selon Anne Hidalgo

Les nouvelles mesures sanitaires dans les universités concernent tous les établissements en zone d'alerte renforcée et maximale partout en France.

Alors que Paris et les départements de la petite couronne (les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, et la Seine-Saint-Denis) sont passés en zone d'alerte maximale, Anne Hidalgo déplorait dimanche une situation "catastrophique dans les facs". "Dans une ville comme Paris, sur la quarantaine de clusters que nous avons, l'essentiel sont dans des lieux d'enseignement et d'enseignement supérieur", expliquait ainsi la maire PS de Paris, invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

"On s’est retrouvé a plus de 40 dans une classe qui compte 22 places"

Anthony, étudiant en première année à l’université de Cergy-Pontoise

"La distanciation sociale n’est pas respectée, expliquait la semaine dernière Anthony, un étudiant en première année à l’université de Cergy-Pontoise, à France 3 Paris IDF. Ce matin encore, on s’est retrouvé a plus de 40 dans une classe qui compte 22 places."

Invitée de Dimanche en politique ce 4 octobre sur France 3 Paris IDF, Valérie Pécresse a de son côté souligné avoir "fait un plan régional Covid pour les universités avec un chèque numérique de 100 euros pour les étudiants qui en ont besoin pour qu’ils puissent payer leur abonnement et leur équipement informatique".

"Nous allons aussi distribuer 10 000 ordinateurs pour les étudiants qui n’en ont pas, a affirmé la présidente de la Région Île-de-France. Les apprentis ont du mal à trouver des stages en ce moment, les entreprises ne les prennent pas… Nous allons aussi fournir 100 apprentis spécialisés dans le numérique aux universités, pour aider les professeurs à faire leurs cours en distanciel."

Fermeture des bars et des cafés, restrictions dans les centres commerciaux, interdiction des rassemblements festifs dans les établissements recevant du public… Outre les universités, de nombreux autres lieux sont aussi visés par les nouvelles règles sanitaires.
 
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