Des habitants se mobilisent pour préserver l'existence d'un square à Paris

La mairie de Paris souhaite créer une grande promenade continue entre le canal Saint-Martin et Bastille. Redoutant à terme des "conflits d'usage", des défenseurs des grilles du square May-Picqueray ont empêché lundi matin le début des travaux visant à les démonter.

Vers 8 heures ce lundi, une trentaine de personnes, surtout des retraités, se sont rassemblées devant le square May-Picqueray dans le 11e arrondissement pour empêcher les ouvriers de découper les grilles des années 1990 qui clôturent cet espace vert. Situé au-dessus du canal, recouvert d'un terre-plein depuis le 19e siècle, ce dernier abrite la stèle en hommage aux victimes de l'attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan, situé juste en face.

La mairie entend réaménager le terre-plein, un axe de près de 2 km de long, afin de "retrouver une promenade piétonne sur tout le linéaire du canal Saint-Martin". La suppression des grilles vise à "supprimer les obstacles qui entravent aujourd'hui la continuité" entre les quatre squares de ces boulevards Jules-Ferry et Richard-Lenoir, et d'élargir les haies existantes, indique encore la mairie.

"Conflits d'usage"

Mais les opposants au projet, regroupés au sein de l'association "Sauvons Jules et Richard", craignent notamment que l'ouverture des squares favorise les "conflits d'usage", dont les "piques-niques et beuveries à n'importe quelle heure du jour et de la nuit". "A Paris, une ville hyper dense, le square est une très bonne invention", fait valoir, présent parmi les opposants, l'architecte David Mangin, qui a participé à la réalisation du site au début des années 1990.

Pour Bernard Laudau, ancien directeur adjoint de la direction de l'urbanisme à l'Hôtel de Ville, l'équipe de la maire Anne Hidalgo fait preuve de "dogmatisme" pour imposer sa promenade agrandie qui sera "très difficile à entretenir". L'association FNE Paris, représentée par son co-président Yves Contassot, ancien adjoint écologiste de l'ex-maire PS Bertrand Delanoë, dit avoir initié deux recours en référé pour empêcher les travaux. La maire PS Anne Hidalgo, qui veut ouvrir plusieurs squares de la capitale, a déjà essuyé pareille polémique en 2023 avec les grilles de celui jouxtant la cathédrale Notre-Dame.Elles seront finalement maintenues, mais peut-être déplacées.