CDG Express : une centaine d’élus demandent l’annulation du projet de ligne entre Paris et Roissy

La future ligne du Charles-de-Gaulle Express - longue de 32 kilomètres - doit permettre à terme de relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes et pour 24 euros. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
La future ligne du Charles-de-Gaulle Express - longue de 32 kilomètres - doit permettre à terme de relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes et pour 24 euros. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Et une critique de plus contre le CDG Express : une centaine d’élus franciliens demandent aux autorités « d'abandonner au plus vite » le projet, censé relier l'aéroport de Roissy à la capitale en 20 minutes, d’ici 2024.

Par France 3 Paris IDF avec AFP

Un nouvel épisode vient donc s'ajouter à la longue bataille politique autour du CDG Express. Une centaine d'élus d’Île-de-France ont en effet envoyé au préfet de région Michel Cadot un courrier pour demander « d'abandonner au plus vite le Charles-de-Gaulle Express », dont la mise en service est prévue pour le 1er janvier 2024.

Au cœur des arguments mis en avant par le texte : les « impacts négatifs » du CDG « sur, entre autres, les transports du quotidien, déjà trop souvent affectés par des dysfonctionnements. » « Croyez-vous que les 900.000 usagers quotidiens du RER B et les autres peuvent accepter de voir encore plus dégrader leurs conditions de transport par le fait que l'on veuille coûte que coûte créer une nouvelle relation ferroviaire ? », pose ainsi comme question le groupe d’élus, pour la plupart de gauche.

Une nouvelle liaison qui jouerait contre les usagers du RER B ?

Le courrier, signé entre autres par le sénateur Pierre Laurent (PCF), la députée Clémentine Autain (LFI), le député David Belliard (EELV) et l'adjoint au logement de la maire de Paris Ian Brossat (PCF), demande donc aux autorités de « réorienter » les 2,5 milliards d’euros de budget consacrés au CDG Express pour, au contraire, les consacrer à « l'amélioration des conditions de transport du quotidien ».

Sujette à de nombreux débats, concernant notamment les nuisances sonores et l’environnement, la future liaison fait l’objet d’une mission de concertation pilotée justement par Michel Cadot. La suspension des travaux – censés s’étendre sur 32 kilomètres –  a par exemple déjà été reclamée par Île-de-France Mobilités, présidé par Valérie Pécresse (LR), la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et le président PS du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel.

Un projet qui n’est « pas financé par l'Etat » 

Ce lundi, le PDG du groupe Aéroport de Paris (ADP) Augustin de Romanet a, lui, rappelé que le projet n'était « pas financé par l'Etat » : « Si le CDG Express ne se fait pas, non seulement il n'y aura pas un euro de plus pour le RER B mais il y aura 500 millions d'euros de moins pour l'écosystème du RER B », faisant référence aux sommes apportées par ADP, SNCF Réseaux et la Caisse des dépôts « pour renforcer la robustesse » des lignes régionales.

Du côté du gouvernement, la ministre des Transports Elisabeth Borne a estimé jeudi dernier qu'il faudrait, avec la mission du préfet Michel Cadot, « s'assurer qu'on ne va pas imposer des conditions intenables et dégradées aux usagers du RER B, et c'est tout ça qui donnera le calendrier ».
 

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