"CommentQuonFait" : les Pompiers de Paris publient des vidéos humoristiques pour limiter les appels abusifs

Sur le ton de l’humour, les Pompiers de Paris tentent de faire passer le message pour que le nombre d’appels abusifs que reçoit la plateforme d'urgence du 18, baisse. Une première vidéo pilote vient d'être diffusée sur leur compte Twitter avec le #CommentQuonFait.

Centre d'appels des Pompiers de Paris (image d'illustration)
Centre d'appels des Pompiers de Paris (image d'illustration) © Philippe Lopez / AFP
Dans cette vidéo d’environ 1'30 minutes, les Pompiers de Paris ont utilisé des extraits d'images, des gifs et surtout un ton léger. Premier épisode de cette série, comment faire si vous avez claqué votre porte et oublié les clés à l'intérieur ? Voici leurs conseils.

Si vous êtes sortis de chez vous en oubliant vos clés à l’intérieur de l’appartement, vous avez d'abord le droit de hurler pour évacuer votre stress. Deuxième conseil, une fois que vous êtes défoulés, réfléchir et contacter quelqu’un qui aurait éventuellement un double de vos clés. Troisième conseil, trouver sur internet un moyen d'ouvrir votre porte en utilisant par exemple une radiographie ou un trombone comme le fait MacGyver (le héros d’une série des années 80). Conseil suivant (beaucoup plus basique) faites appel à un serrurier...
 
Pour terminer la vidéo, les Pompiers de Paris reprennent un ton un peu plus sérieux pour préciser qu’en revanche si il y a un danger réel derrière la porte, une casserole laissée sur le feu, ou un enfant tout seul dans l'appartement. Il faut évidemment composer le 18 pour contacter les secours.

Sur Twitter, #CommentQuonFait ou comment résoudre des problèmes du quotidien non urgents


Les Pompiers de Paris ont décidé de poster deux fois par mois sur Twitter une vidéo de ce type. Un message mis en ligne cette semaine est un épisode pilote explique, Guillaume Casada chargé de la communication. "Ça fonctionne plutôt bien, on a de bons retours". "Les fuites d’eau, les nids de guêpes, les personnes bloquées dans l’ascenseur, sont les thèmes que l'on veut évoquer : On a une trentaine d’idées que l'on souhaite mettre en ligne". Dans les jours qui viennent la décision sera prise quant à la prochaine thématique du #CommentQuonFait.
 

"On reçoit 1 million d'appels par an et un appel sur deux n'est pas suivi d'intervention"

Guillaume Casada


"C’est très compliqué d’évaluer le chiffre exact des appels abusifs", continue le chargé de communication. "Le 18 reçoit tous les ans, 1 million d’appels et un appel sur deux n’est pas suivi d’intervention. Sur les 500 000 interventions par an, il faut aussi savoir que deux interventions sur cinq ne nécessitent pas de geste de premiers secours".

Contre "l’abus des numéros d’urgence"

Depuis des années les services d'urgence, police, pompiers communiquent sur les appels abusifs pour essayer d'en faire baisser le nombre. Il y a vingt ans, un reportage à la télévision expliquait déjà que les numéros d'urgence des pompiers, de police-secours et du SAMU de Paris étaient encombrés par ces appels abusifs et qu'il pouvait y avoir des conséquences dramatiques en retardant des interventions importantes.

Aujourd'hui le ton est plus léger. Pour inciter la population à ne pas composer le 18 à la légère, les Pompiers de Paris ont mis en ligne en juillet 2020, un clip avec un florilège des appels les plus loufoques qu'ils reçoivent : Canapé coincé dans une cage d'escalier, téléphone oublié dans un taxi, demande de renseignements... "Une sélection d'appels improbables qui ne nécessitent pas d'intervention urgentes et encombrent le 18", explique les Pompiers de Paris.  

Développer "le vivre ensemble"pour réduire la détresse sociale

"Deux interventions sur cinq ne nécessitent aucun geste de secours, il s’agit le plus souvent d’interventions de détresses sociales liées à la solitude et à l’isolement. Ce phénomène est particulièrement sensible à Paris, ou davantage de gens sont seuls et ont le réflexe de composer le 18", explique le commandant Maunier.

"Ce type d’appels est en progression régulière avec une augmentation de 3% par an. Avec la mairie de Paris nous voulons développer le vivre ensemble, faire en sorte que les gens osent demander l’aide à un voisin ou à une personne de leur voisinage et éviter ainsi l'intervention d’une équipe de pompiers", explique Patricia Maunier en charge du projet à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

"Pour cela nous faisons de la formation et de la sensibilisation en interne auprès de nos sapeurs-pompiers. La brigade de Paris a également souhaité intégrer la notion de lien social dans les formations de secourisme dispensées dans nos casernes chaque samedi (les gestes qui sauvent). Dénommé « Le premier comportement qui sauve », ce nouveau module s’inspire de l’atelier « Aller-vers » de l’association la Cloche dont l’objectif est de changer les regards sur les personnes de la rue", explique le commandant Maunier.
 
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