Covid-19 : à quand la fin du port du masque en extérieur ?

Alors que les contraintes liées à l'épidémie de la Covid-19 commencent à se desserrer dans le pays, pourra-t-on prochainement s'affranchir du port du masque en extérieur ? Pour le corps médical, la prudence reste de mise.

© Philippe LOPEZ / AFP

La France est entrée lundi, dans la première phase de son déconfinement progressif avec le retour en classe des collégiens et lycéens, la fin des restrictions de déplacement à 10 km et des attestations. La campagne de vaccination contre la Covid-19 prend de l'ampleur, près de 2,5 millions de personnes ont reçu au moins une première dose de vaccin en Ile-de-France, et une nouvelle fois la question du port du masque en extérieur revient.

"Enlever ou conserver son masque en extérieur? Il faut savoir de quoi l’on parle", explique Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. "Si vous êtes en balade seul, la probabilité d’être contaminé lorsque vous enlevez votre masque est nulle. En revanche, lorsque vous croiser quelqu’un, vous ne savez pas si cette personne est vaccinée, ni si elle s'est faite dépister…". "De plus", rappelle-t-il, "on ne sait pas encore combien de temps les vaccinations protègent du virus, la durée n’est pas clairement établie et certains variants sont résistants à la vaccination".

 

Le risque n’a pas disparu, il ne faut pas baisser la garde

Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches

 

"Pour lutter contre l'épidémie, je pense qu’il faut être pragmatique, au plus proche du terrain, poursuit-il. A mon avis, c’est à chaque maire dans sa commune de prendre la décision. Par exemple dans une rue piétonne très fréquentée le masque devrait être obligatoire, en revanche, dans une zone où il n'y a pas grand monde, il ne le serait pas".

Le médecin réanimateur de l’hôpital de Garches appelle à ne pas laisser tomber les gestes barrières. Pour lui, il faudrait prendre l’habitude lorsqu’on a le nez qui coule de porter un masque, "ce sont des règles d'hygiène de base et c’est aussi une façon de se protéger contre une prochaine crise", conclut-il.

Cette prudence, c'est aussi le message que veut faire passer Anne-Claude Crémieux, infectiologue et professeure en maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis de Paris. "Savoir si aujourd’hui il est possible de retirer son masque en extérieur est prématuré", explique-t-elle. "La circulation du virus est importante et les variants sont imprévisibles, de plus le taux de vaccination est toujours insuffisant", souligne l'infectiologue.

Comme Djillali Annane, elle insiste pour que l'on conserve les gestes barrières, "c’est ça notre protection contre le rebond", rappelle-t-elle

Un risque de contamination plus faible en extérieur

Le risque de contamination à la Covid-19 est plus faible en extérieur, mais il existe tout de même bel et bien, soulignait en mars dernier auprès de franceinfo Jean-Claude Manuguerra, responsable de la cellule d'intervention biologique d'urgence à l'Institut Pasteur.

A l'extérieur, si quelqu'un éternue et si on ne porte pas de masque, on peut très bien être atteint.

Jean-Claude Manuguerra, responsable de la cellule d'intervention biologique d'urgence à l'Institut Pasteur

La contamination par gouttelettes ou aérosols est possible, même si, souligne Jean-Claude Manuguerra, "dans le milieu extérieur, il y a forcément une meilleure ventilation et donc un effet de dilution extrêmement grand". Reste qu' "à l'extérieur, il y a une possibilité d'être infecté par des gouttelettes à une distance de moins d'un ou deux mètres", indique le virologue. "A l'extérieur, si quelqu'un éternue et si on ne porte pas de masque, on peut très bien être atteint. Mais le virus va très vite être dilué dans l'air et, à moins d'être vraiment en face, le risque d'être infecté est faible."

Le ministre de la Santé espère que la fin du port du masque à l'extérieur soit "pour cet été"

Interrogé sur Europe 1 sur les prochaines étapes du déconfinement, Olivier Véran se veut rassurant. "La maîtrise de l'épidémie s'accélère discrètement, mais il ne faut pas relâcher trop vite. En ce sens, le calendrier de déconfinement est un très bon calendrier", s'est-il félicité.

"Nous savons que la vaccination protège des formes graves et nous pensons qu'elle protège bien de la diffusion du virus et donc du risque d'épidémie. Quand suffisamment de Français vont être vaccinés, on pourra envisager de baisser la garde", a-t-il expliqué. "Je ne peux pas donner de date aujourd'hui, ce ne serait pas honnête de ma part. Mais dès lors que nous pourrons nous retrouver, envisager sereinement la fin des gestes barrières et la fin du masque à l'extérieur, nous n'attendrons pas 24 heures. Nous le dirons immédiatement. Et j'espère sincèrement que ce sera cet été", a assuré Olivier Véran. 

Alors encore un peu de patience, pour l'instant, les consignes restent les mêmes. Quelles que soient la saison et la météo, le port du masque à l'extérieur continue d'être obligatoire "dans toutes les zones urbaines et dans tout ou partie des espaces verts", est-il précisé sur le site de la région Ile-de-France.

 

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