La livraison des nouvelles rames des RER D et E aura au moins 2 ans de retard

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Écrit par Elie Saïkali avec AFP
Les nouvelles rames dédiées aux RER D et E auront deux ans de retard, selon un récent audit de la SNCF. Les premières rames devaient arriver sur la ligne D mi-2021.
Les nouvelles rames dédiées aux RER D et E auront deux ans de retard, selon un récent audit de la SNCF. Les premières rames devaient arriver sur la ligne D mi-2021. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

D'après un audit mené cet été par SNCF Voyageurs, la livraison des nouvelles rames de RER D et E va prendre deux ans de retard. 255 rames devaient être livrées par Alstom à la mi-mai 2021.

"Un naufrage industriel" : la livraison par le constructeur Alstom de nouvelles rames pour les RER D et E aura deux ans de retard, selon un audit de SNCF Voyageurs qui a suscité la colère de la présidente de l'autorité des transports d'Ile-de-France, Valérie Pécresse. "Selon les informations fournies par vos équipes, la livraison de la première rame RER NG sera retardée à mi-mai 2023 alors qu'elle devait initialement être livrée mi 2021", s'insurge la présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) dans un courrier adressé au PDG de la SNCF obtenu mardi par l'AFP, confirmant une information des Echos. SNCF Voyageurs, qui a mené l'appel d'offres et opère les lignes de RER concernées, a réagi auprès de l'AFP, disant "vivement regretter les retards accumulés dans les livraisons par Alstom-Bombardier du RER NG et partager le mécontentement" d'IDFM.

Pour justifier ce retard, Alstom a invoqué selon les Echos la "grande complexité technique", l'évolution du cahier des charges ainsi que l'impact de la crise sanitaire. Le constructeur affirme par ailleurs être déterminé à respecter le nouveau planning fixé après un audit externe, sans pour autant donner de date. Au total, Alstom et Bombardier, qui ont fusionné depuis la signature du contrat, sont censés fournir jusqu'à 255 rames de nouvelle génération "NG" (125 pour le RER D et 130 pour le RER E), pour un montant de 3,75 milliards d'euros financé par IDFM.

"Défauts d'organisation"

"L'audit mené cet été par SNCF Voyageurs a révélé des retards répétés, du fait principalement de défauts d'organisation relevant d'un manque manifeste de maîtrise du processus industriel, inconcevable de la part d'un leader mondial du secteur", écrit Mme Pécresse dans un second courrier à l'attention d'Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom, dénonçant une situation "totalement inacceptable".

Les rames nouvelle génération (RER-NG) avaient été commandées début 2017 et les premières devaient arriver sur la ligne D dans le courant de l'année, avec pour promesse l'amélioration du confort mais aussi de la ponctualité des nouveaux trains. "Ce naufrage industriel porte gravement atteinte à l'amélioration du service attendue par les millions de voyageurs empruntant ces lignes au quotidien et j'exige que vous mobilisiez à vos frais tous les moyens nécessaires afin d'y remédier", ajoute Mme Pécresse, convoquant le PDG d'Alstom pour une audition devant IDFM.

Retards et surcoûts

Dans la missive adressée au PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, Valérie Pécresse constate que l'opérateur des lignes n'a "pas été en mesure d'empêcher ces dérives de planning successives" après avoir lui-même décalé le processus de deux ans et demi avec des retards lors de l'appel d'offres.

Elle exige que la SNCF demande 64 millions d'euros de pénalités pour ce retard sur la première tranche du contrat (1,55 milliard d'euros) qui concerne 71 rames. "S'agissant des pénalités de retard, les dispositions prévues au contrat seront strictement appliquées", a précisé la filiale de l'entreprise ferroviaire à l'AFP. SNCF Voyageurs dit avoir cherché dès l'appel d'offres à préserver les intérêts d'IDFM et avoir fait réaliser un audit dès que les premiers retards ont été constatés.

Facture de 3,8 milliards à 5,4 milliards d'euros

Début octobre, Mme Pécresse s'était déjà insurgée contre un nouveau surcoût de 1,7 milliard d'euros de la part de SNCF Réseau sur le chantier d'une branche du RER E, qui doit prolonger la ligne E à l'ouest de Paris et inclut notamment un gigantesque tunnel entre Paris et La Défense.

Financé notamment par la Société du Grand Paris et la région, la facture du chantier devrait passer de 3,8 milliards à 5,4 milliards d'euros selon Valérie Pécresse. SNCF Réseau a invoqué des "modifications" et des "contraintes supplémentaires" (crues, manifestations des Gilets jaunes, Covid-19), des aléas demeurant "dans une enveloppe de 30% du chiffrage initial".

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